Régionalisation et développement

Se penchant sur «La gouvernance régionale au Maroc. Fonctionnement, contraintes et perspectives», les participants à un séminaire à Rabat ont présenté les grandes lignes du cadre juridique de la configuration de la région au Maroc, son contexte et ses insuffisances. A ce propos, Driss Abbadi, après avoir rappelé les compétences de la région en matière de développement économique et social, a noté l’absence de textes d’application, qui explicitent les lignes de démarcation entre les attributions de l’Etat et celles de la région.
Le processus de la régionalisation au Maroc, a-t-il fait remarquer, est entravé par plusieurs facteurs, dont «l’inflation des structures locales et le maintien des structures centrales».
Pour surmonter ces obstacles, il a appelé à la définition d’une vision globale de la concentration et à l’adoption d’une approche de proximité. «On peut gouverner de loin mais on n’administre bien que de près», a-t-il dit.
En vue d’une gouvernance régionale efficace, le président de la région Rabat-Salé-Zemmour-Zaër, Abdelkébir Berkia, a appelé à l’établissement de ponts entre le milieu de la recherche scientifique et celui de la représentation régionale. De son côté, le président de l’Université Mohammed V (Agdal-Rabat) et Président de la commune urbaine Ryad-Agdal, Abdelhafid Boutaleb, s’est arrêté sur les entraves de la gestion communale, qui se résument, selon lui, au degré de l’autonomie de la commune, dans la qualité des élites locales et dans certaines dispositions de la charte communale, en cours de préparation. Le secrétaire d’Etat chargé de l’habitat, Mohamed M’barki a, pour sa part, souligné que l’autonomie financière est indispensable pour l’épanouissement de la région et appelé à la redéfinition de la tutelle exercée sur les collectivités locales et à la réforme du pouvoir central et des grands établissements publics en vue de faire de la région un vecteur de développement, armée d’une nouvelle vision et soutenue par un nouveau management.
Driss Benali, économiste, a plaidé pour une élite locale, dotée d’un véritable leadership et d’une large autonomie et relevé que la région est plus flexible que l’Etat pour intégrer la mondialisation, appelant à doter la région de contre-pouvoirs réels et à renforcer ses capacités de gestion. D’autres intervenants ont mis l’accent sur l’implication dynamique et efficace des acteurs de la société civile dans la gouvernance locale.

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