Remous autour du code de la presse

Le bras de fer ne fait que commencer entre le Syndicat National de la Presse Marocaine ( SNPM) et le gouvernement au sujet du nouveau code de la presse.
Le pavé a finalement été jeté dans la mare, jeudi lors d’une conférence de presse donnée par le syndicat à Rabat, au cours de laquelle, le secrétaire général du SNPM, Younès Moujahid a tout simplement qualifié le nouveau texte d’« anticonstitutionnel ».
Le syndicat juge en effet que le nouveau projet de code de la presse, qui devrait être présenté prochainement au parlement pour approbation, « ne répond pas aux attentes des professionnels de la presse ».
Le syndicat a tenu au cours de la rencontre avec les journalistes à marquer son « rejet » de ce projet « sous sa forme actuelle».
Les divergences entre syndicats et concepteurs du nouveau projet de code, se concentrent toujours autour d’un noyau dur relatif aux peines de prison prévues, ou plutôt maintenues, dans le nouveau texte. Plus même, le SNPM estime que le nouveau code « enregistre une régression inacceptable et dangereuse pour la liberté de la presse au Maroc » et s’apprête à lancer une campagne de protestation contre le projet.
Du coté du gouvernement, la seule sortie enregistrée à ce sujet a été encore celle du ministre de la culture de la communication, Mohamed Achaari, lors d’une interview publiée jeudi par notre confrère et organe de l’USFP, « Al Ittihad Al Ichtiraki ».
Le ministre s’y défend de ne pas avoir associé le SNPM aux débats sur le projet, précisant que les instances qui ont travaillé à l’élaboration du texte disposaient des documents soumis par le syndicat ce qui permettra, selon le ministre, à l’opinion publique de s’assurer que les propositions du syndicat ont été insérées. Dans cette interview, le ministre a marqué la même distance quant aux velléités de participation du SNPM que celle qu’il avait observées lors de la présentation à la presse du projet de réforme de l’audiovisuel. « Il n’y a pas de loi qui puisse être élaborée par les professionnels sinon nous aurons une législation fondée sur des considérations corporatistes », a-t-dit, soulignant que « nul ne peut se substituer au gouvernement et à la chambre des représentants pour trancher et dire son dernier mot ».
M. Achaari a également reproché aux « personnes qui ont critiqué le projet » de ne pas mentionner «les nombreux avantages qu’il stipule », estimant que « le gouvernement a fait preuve d’une grande disponibilité et d’ouverture dans le traitement du projet et qu’il est disposé à en faire autant au niveau de la chambre des conseillers ».
En attendant, le projet qui a été récemment adopté par une commission parlementaire, sera prochainement soumis à une session plénière de la chambre des députés.
Sur le plan des nouveautés, le code impose à l’exécutif de justifier toutes les saisies ou interdictions de journaux marocains ou étrangers. Cependant, l’exécutif y bénéficie toujours du droit d’interdire des publications marocaines ou étrangères suite à ce qui serait considéré comme une atteinte à l’islam, à l’institution monarchique, à l’intégrité territoriale ou à l’ordre public.
Les peines de prison, au centre du différend, ont quant à elles été réduites en cas de diffamation.

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