Salé : les familles des salafistes s’inquiètent

Salé : les familles des salafistes s’inquiètent

Plusieurs familles habitant la ville de Salé se disent inquiètes du sort réservé à leurs proches "disparus" dernièrement. Dans plusieurs lettres adressées au Centre marocain des droits de l’Homme, elles affirment que ces derniers avaient été arrêtés, sinon "enlevés", par des éléments de la sécurité en civil, pour ne plus donner de nouvelles.
Ainsi, Mohcine Zouhri, habitant "Douar Draoû", a-t-il  été appréhendé au marché des légumes de Tabriquet où il exerçait. C’était le 19 juillet 2006, affirme sa famille qui ajoute que les policiers l’avaient conduit par la suite à son domicile qu’ils avaient mis sens dessus-dessous sans rien trouver de compromettant.
Dans une lettre, sa femme déclare que Mohcine Zouhri n’a rien à voir avec les groupes extrémistes et qu’il ne donnait aucun signe qui aurait pu corroborer pareille appartenance.
Badr Bouziki, lui, a été interpellé le 24 juillet 2006 à la gare routière de Meknès où il avait débarqué avec des amis.
Ce dernier habitait le quartier "cheikh Lemfaddel", également à Salé.
La famille de Mohamed Benayyad, résidant à la rue "Zenata", déclare elle aussi que ce dernier a été "enlevé" à son domicile le 5 août 2006 pour ne plus donner signe de vie.
Les trois familles affirment vouloir connaître le sort des leurs, leur lieu de détention et ce qui leur est reproché exactement.
En leurs noms, le Centre marocain des droits de l’Homme vient d’adresser des lettres au directeur général de la DGSN (Direction générale de la sûreté nationale), au ministère de l’Intérieur et à celui de la Justice pour demander des éclaircissements.
Interrogé par ALM, Khalid Cherkaoui Smouni, président du CMDH, affirme que le Centre qu’il dirige intervient seulement après les réclamations faites par les familles des concernés et qu’il veille au respect des lois en ce qui concerne toutes les étapes et procédures : détention préventive, interrogatoires, instructions et procès en justice.
De sources policières, on indique que les trois individus faisant l’objet des réclamations du CMDH avaient été arrêtés dans le cadre des investigations menées suite au démantèlement du groupe "Jamaât Ansar El Mahdi" qui aurait préparé des attentats terroristes autrement plus dangereux que ceux commis à Casablanca le 16 mai 2003.
Auparavant, et juste après l’annonce officielle du démantèlement de ce groupe, c’était l’AMDH (Association marocaine des droits de l’Homme) qui était montée au créneau pour dénoncer l’"enlèvement" de cinq militaires travaillant ou ayant exercé à la première base aérienne de Salé.


 "Jamaât Ansar El Mahdi", une branche
terroriste de la salafiya jihadia

Les autorités marocaines ont annoncé dernièrement le démantèlement d’un groupe dénommé "Jamaât Ansar El Mahdi" dirigé par Hassan Khattab.
Ce dernier groupe, dont 44 membres ont été arrêtés jusque-là, aurait planifié des attentats à travers le pays et se serait déjà livré à des essais d’explosifs à la forêt de La Maâmora et dans les environs de Salé. Les membres de ce groupe avaient été arrêtés dans plusieurs villes du Maroc. En plus de Salé, ils avaient été cueillis par les services de sécurité à Nador, Youssoufia et Ouezzane, entre autres. Plus d’une trentaine d’entre eux viennent d’être déférés devant le juge d’instruction près la Cour d’appel de Rabat.

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