Six ans pour avoir violé sa voisine

Six ans pour avoir violé sa voisine

La Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. La salle d’audience est archicomble, ce jour de février, comme si la cour allait examiner un dossier très important. Le président de la cour a déjà ouvert quelques dossiers et a appelé des mis en cause à la barre. Mais il les a renvoyés à des audiences ultérieures soit pour la préparation de la défense, soit pour la convocation de témoins. Il est déjà seize heures. Le président met sa main sur un dossier. Il l’ouvre, appelle le mis en cause, Abdellah et la victime, Nadia.
Abdellah, trente-cinq ans, marchand ambulant, se lève et avance de deux pas vers le box des accusés. Il est vêtu de haillons, en bleu et noir. Nadia, quarante ans. Elle était sur le siège de l’assistance. Elle quitte sa place pour se tenir debout devant les magistrats. Le président de la cour lui demande gentiment de quitter la salle. Elle sort pour attendre dans le couloir. Aussitôt, le président feuillette les documents, lève les yeux vers Abdellah et l’interroge sur ses antécédents judiciaires. Il avait répondu avoir purgé une peine de trois ans de prison ferme pour vol qualifié.
Et le président lui rappelle illico qu’il est poursuivi cette fois pour ivresse, attaque d’un logement d’autrui et viol. Par pudeur, Abdellah baisse la tête, avant de la relever et nier toutes les accusations. “C’est un coup monté, Mr le président“, affirme-t-il. Le président qui suit ses gestes lui explique qu’il avait déjà avoué devant les enquêteurs. Il lui a précisé qu’il avait déjà déclaré devant les limiers qu’il était en état d’ivresse avancée quand il s’est présenté devant la porte de la chambre de Nadia, en frappant à maintes reprises avant que la victime n’ouvre. Et d’ajouter qu’il a expliqué aux enquêteurs l’avoir poussée violemment pour entrer de force à l’intérieur de la chambre. Il l’a poussée une fois encore au point qu’elle s’est affaissée par terre. Il s’est jeté sur elle après avoir déboutonné son pantalon.
Elle n’a pu demander secours parce qu’il était armé d’un couteau. Il l’a violée avant de prendre la poudre d’escampette. Une fois les rappels du président terminés, Abdellah tente de se disculper. Il a expliqué à la cour avoir une relation avec elle, qu’elle avait l’intention de l’épouser après le décès de son mari. Elle lui a demandé à maintes reprises d’attendre qu’elle règle certains problèmes, précise-t-il à la Cour. Lesquels ? Il n’en savait rien, a-t-il répondu. A ce moment, le président appelle Nadia. Elle entre pour se tenir debout près du mis en cause.
Ce dernier n’ose pas jeter un regard sur elle. Nadia prête serment et répond aux questions du président de la cour. Elle lui a expliqué qu’elle était veuve depuis deux ans et qu’elle jouissait d’une bonne réputation. Elle a précisé n’avoir jamais entretenu de relation avec quiconque depuis le décès de son mari. Son âge ne le lui permettait pas, ajoute-t-elle à la cour avant d’étaler son drame quand Abdellah l’a attaquée. Elle n’a pu crier et demander secours parce qu’il tenait un couteau et l’a menacée de la tuer si elle prononce le moindre mot, précise-t-elle. Elle l’a supplié. Mais en vain. Il a continué à la violer sans pitié.
L’avocat de la défense a pris la parole pour plaider que son client était innocent. La preuve est qu’il était en voyage, précise l’avocat. Il s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles, Nadia l’accusait. Il s’est interrogé également sur les circonstances qui ont empêché Nadia de crier alors qu’elle habite avec des voisins. Mais le représentant du ministère public avait requis la peine maximale contre Abdellah. Seulement la cour l’a jugé coupable pour les accusations qui lui ont été attribuées, et a été condamné à 6 ans de réclusion criminelle.

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