Triste spectacle

Triste spectacle

Après les communales, c’est désormais à l’élection du tiers de la chambre des conseillers de refléter le triste visage du paysage politique national. Le façonnage des listes est loin de faire l’unanimité. Les vieilles recettes sont, encore une fois, sorties pour reconduire les mêmes personnes, aux mêmes postes, pour le même «programme». Le féodalisme sévit toujours. Le système mis en place est perverti. En témoigne la course au collège des représentants des salariés. Neuf sièges au titre du collège des représentants des salariés à l’échelon national sont à pourvoir. Les listes déposées sont au nombre de 16, groupant 144 candidats. «Les choses ne peuvent pas en rester là. Un danger guette la véritable démocratie. Les choix des militants ne sont même pas pris en compte», clame Mustapha Khlafa, secrétaire général de la Fédération Nationale du Personnel de la Sécurité Sociale, affiliée à l’UMT, pour qui la politique au sein de sa centrale syndicale est verrouillée par la cooptation. « Le changement prôné au sein de l’UMT, en application du discours Royal de Jorf Lasfer, appelant à une démocratisation réelle n’est, malheureusement pas encore perceptible», ajoute le secrétaire général. Selon lui, les critères de confection de la liste retenue par la centrale de Mahjoub Benseddik au deuxième renouvellement du tiers de la chambre des conseillers sont subjectifs. L’esprit conservateur de la centrale y est majoritairement représenté, ajoute-t-il, soulignons que ”faire allégeance du chef historique en est le premier critère”. «Et pourtant nous avons cru au changement», précise non sans amertume Mustapha Khlafa pour qui l’éviction de la Fédération de la CNSS qui vient d’afficher une seule liste de délégués du personnel (300 délégués), avec un vote 100 % UMT et un taux de participation de 74 % ne relève pas du bon sens. Le conflit de génération est ainsi mis en exergue. Les règles de base du choix de la liste devant représenter la centrale syndicale sont, à tous les niveaux, bafouées. Les critères initiaux stipulent une convocation du Conseil National de l’UMT, avec ses unions locales, régionales, secteurs et Fédérations. Ensuite, une commission est formée afin de dégager les représentants de chaque couche, tout en arrêtant les critères spécifiques devant aboutir à la liste finale des candidats susceptibles d’aller à la 2ème chambre. Enfin, la validation de la liste, selon le mode de désignations, permet d’arrêter la liste finale. «La méthode déployée par l’UMT est, franchement, une insulte à la CNSS. Nous appelons de tous nos voeux à une évolution du système pour un meilleur équilibre», espère Khlafa. La Fédération CNSS se targue d’avoir maintenu son unité en dépit des contraintes passées. Et on souligne que malgré l’absence du Conseil d’administration pendant plusieurs exercices ainsi que de l’hostilité de l’USFP, les réalisations de cette branche syndicale plaident pour qu’elle ait un rôle plus actif au sein des instances de la centrale. Une démotivation ainsi qu’un risque de démission des délégués du personnel sont désormais à craindre. Il est à rappeler que le nombre des candidatures présentées au titre du deuxième renouvellement du tiers de la chambre des conseillers (90 sièges), a atteint 607, soit une moyenne de 6,74 candidats par siège. Le nombre des candidatures présentées au titre de ce scrutin, qui aura lieu le 6 octobre, reste provisoire du fait que le récépissé définitif n’est délivré au mandataire de la liste ou au candidat individuel que dans les 3 jours qui suivent le dépôt des déclarations de candidatures. La campagne électorale au titre des élections de la chambre des conseillers, qui a débuté lundi dernier à zéro heure, prendra fin le 5 octobre à minuit.

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