Trois Mauritaniens d’Al Qaïda condamnés à mort pour l’assassinat de quatre Français

Trois Mauritaniens d’Al Qaïda condamnés à mort pour l’assassinat de quatre Français

Trois Mauritaniens affiliés à Al-Qaïda ont été condamnés à mort, mardi à Nouakchott, pour l’assassinat de quatre touristes français fin 2007 dans leur pays et ont aussitôt réagi à l’énoncé du verdict en menaçant la France et les Français. Ils étaient accusés d’avoir attaqué, le 24 décembre 2007, un groupe de touristes au bord d’une route, près de la ville d’Aleg (sud-est de la Mauritanie).  Trois hommes d’une même famille de l’Isère (sud-est de la France) avaient été tués, ainsi qu’un de leurs amis. Un cinquième homme avait survécu à ses blessures, mais avait perdu, dans l’attaque, deux de ses fils, son frère et un proche. «La Cour décide la condamnation à mort de Mohamed Ould Chabarnou, Maarouf Ould Haiba et Sidi Ould Sidna», a déclaré mardi après-midi, en arabe, le président de la Cour, Ould Khayi. Le magistrat avait délibéré pendant plusieurs heures avec ses deux assesseurs avant de prononcer les trois condamnations à la peine capitale, conformément aux réquisitions du Parquet. La Mauritanie n’a cependant pas exécuté de condamnés à mort depuis 1987. Aussitôt après l’énoncé du verdict, des cris «Allah akbar» (Dieu est le plus grand) ont fusé du box des accusés et des protestations ont empli la salle. «Notre condamnation à mort signifie la condamnation à mort de tous les Français en Mauritanie et même au-delà, jusqu’à l’Afghanistan», a affirmé en langue arabe Sidi Ould Sidna, 22 ans. «Entre nous et Sarkozy de France, ce sera le glaive», a lancé Mohamed Ould Chabarnou, 29 ans. Quant à Maarouf Ould Haiba, 28 ans, il a évoqué indirectement le sort du Français Michel Germaneau, 78 ans, enlevé le 19 avril au Niger. «L’otage français enlevé au Niger a (…), bien sûr, besoin de la liberté et d’air pour respirer», a-t-il dit, comme une menace voilée. Durant le procès, les trois condamnés à mort avaient plaidé non coupable, tout en se présentant comme des «soldats» d’Al-Qaïda engagés dans le «jihad».Leurs avocats avaient plaidé l’acquittement en contestant la valeur des aveux «arrachés», selon eux, «sous la torture». «Le verdict nous a surpris», a affirmé à l’AFP un avocat de la défense, Me Zaim Ould Hemed Vall, assurant que «le Parquet n’avait fourni aucune preuve sur la responsabilité des condamnés à mort». L’assassinat des touristes français, à la veille de Noël 2007, avait marqué un tournant dans l’histoire de la Mauritanie, pays ouest-africain réputé paisible. Quelques jours après, le célèbre rallye Paris-Dakar avait été annulé pour la première fois. Depuis, la branche maghrébine d’Al-Qaïda a multiplié les attaques meurtrières ainsi que les enlèvements d’Occidentaux dans ce pays. Au total, dans cette affaire, ce sont huit hommes qui ont été condamnés. Un prévenu s’est vu infliger six mois de prison ferme. Trois autres ont été condamnés à trois ans d’emprisonnement, assortis de travaux forcés. La Cour criminelle a par ailleurs confirmé une peine de 10 ans de prison déjà infligée à un prévenu. Mais les magistrats ont acquitté deux autres prévenus: un chauffeur et un piroguier qui étaient accusés d’avoir facilité la fuite des tueurs des Français. La cour n’a pas voulu condamner par contumace deux des accusés actuellement en fuite. Selon une source judiciaire, ces deux hommes, qui font l’objet de mandats d’arrêt internationaux, seront jugés après leur arrestation.

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