Tunisie : Des opposants hostiles à un nouveau mandat pour Ben Ali

Tunisie : Des opposants hostiles à un nouveau mandat pour Ben Ali

Le Parti démocratique progressiste (PDP, formation d’opposition légale, sans siège au Parlement) a rejeté vendredi des appels en faveur d’un possible sixième mandat de Zine El Abidine Ben Ali à la tête de la Tunisie et mis en garde contre une «présidence à vie». «Ces appels, en violation de la Constitution en vigueur, reviennent à saper les fondements du régime républicain et autorisent clairement l’instauration d’une présidence à vie», a estimé Maya Jribi, secrétaire générale du PDP, lors d’une réunion des cadres de son parti. «Les Tunisiens qui connaissent bien les travers de la présidence à vie sont appelés à s’y opposer», a-t-elle averti, en référence aux crises de la fin du règne de Habib Bourguiba, qui dirigea la Tunisie durant 30 ans après avoir été fait «président à vie». La réunion ayant pour slogan «Imposons l’alternance» se tenait à l’approche du 23e anniversaire de l’arrivée au pouvoir du président Ben Ali, le 7 novembre 1987, date à laquelle il fit déposer Bourguiba pour sénilité et supprima «la présidence à vie». S’adressant à des opposants et militants des droits de l’Homme, Maya Jribi a réitéré le besoin d’une transition pacifique du pouvoir et proposé de limiter à deux le nombre de mandats à la présidence, sans possibilité de prolongation. Zine El Abidine Ben Ali, 74 ans, a été reconduit en octobre 2009 pour un cinquième quinquennat, théoriquement son dernier mandat, la Constitution en vigueur fixant à 75 ans l’âge limite pour le président. Les médias locaux se sont fait l’écho ces dernières semaines d’appels venant des structures du parti au pouvoir mais aussi de personnalités, universitaires, sportifs ou artistes exhortant M. Ben Ali à postuler en 2014. Le PDP a, en outre, dressé un bilan très négatif de l’action du gouvernement, dénonçant à la fois un verrouillage politique, une confiscation des libertés et un chômage touchant 20% des jeunes diplômés, selon Ahmed Nejib Chebbi, fondateur et candidat symbolique du parti à la présidence en 2009. Quelque 150 opposants et activistes résidant pour la plupart à l’étranger ont, par ailleurs, signé vendredi une pétition contre une éventuelle prolongation de mandats pour le chef de l’État ou une «succession héréditaire» en faveur de l’un de ses proches.

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