Un congrès bien encadré

Un congrès bien encadré

L’USFP devait déboucher, au terme des travaux de son 7ème congrès national, sur une nouvelle configuration de ses structures. Désormais, l’on ne parlera plus de comité central ni de commission administrative, mais d’un conseil national qui fera office, en quelque sorte, de «Parlement » avec 244 membres au lieu des 251 initialement prévus sur proposition de la commission préparatoire.
L’opération, qui devait se faire via les urnes, n’est toutefois pas passée sans couacs. La commission de qualification, qui tranche en ce qui concerne les candidatures pour les sièges, à raison du tiers, du conseil national a eu du mal à boucler sa liste. Cette commission qui devait en élaborer une de 126 candidats (pour 84 sièges) s’est retrouvée, en fait, avec plus de 600 candidatures. «Normal», nous affirme un dirigeant socialiste puisqu’il s’agit de concurrence légitime. Sauf que la commission, dirigée par Khalid Alioua, a fait beaucoup de mécontents dont les usfpèïstes d’Agadir, amis de Mohamed Elouatiq ainsi que nombre de jeunes de la Chabiba dont les noms n’ont pas été retenus.
Ladite commission, apprend-on, a avalisé les candidatures de la majorité des «grandes pointures» de l’USFP dont pratiquement tous les ministres et les membres du bureau politique sortant. En plus de la liste nationale, les congressistes devaient élire, chacun pour sa région, les deux tiers du conseil national.
Et là aussi, cela n’aura pas été de tout repos puisque, par exemple, plus de 130 candidats se sont inscrits pour se disputer les 24 sièges réservés au Grand Casablanca. Ces éléments ont fait que le vote, prévu samedi soir, a été retardé à dimanche matin pour que les congressistes se retrouvent face à un autre nouveau rebondissement. Dans les coulisses, une liste a commencé à circuler pour demander, au nom de Mohamed Elyazghi, à ne pas voter pour quelques noms dont Alioua, Chekrouni, Hassan Tariq et Larbi Ajjoul, entre autres. «De la pure intox», commente un membre de la commission préparatoire avant que Mohamed Elyazghi clarifie les choses.
Le leader socialiste, en pleine plénière, se saisira du micro pour demander aux congressistes d’aller de l’avant dans leurs travaux. Le vote peut finalement commencer.
A l’issue de cette opération dont le dépouillement devait être bouclé tard dans la soirée de dimanche, les usfpèïstes pourront passer à la désignation du bureau politique qui sera renouvelé à raison du quart, mais avec 23 membres dont 20% au moins de femmes.
Dans les coulisses, on donnait pour partants Mohamed Guessous, Abdelkader Baïna et Badia Skalli, mais l’expérience a démontré qu’il ne fallait pas toujours s’y fier. Ce qui est sûr est que chaque votant pour la désignation du nouveau bureau politique est tenu de ne pas cocher plus que les trois quarts des noms des membres sortants sous peine de voir son bulletin invalidé. Restera par la suite à désigner le premier secrétaire de l’USFP et son second. Dans cette optique, le terrain semblait balisé, durant les travaux de ce 7ème congrès, pour Mohamed Elyazghi à la recherche d’une confirmation au poste qu’il occupe depuis le départ en novembre 2003 de Me Abderrahmane Youssoufi, l’un des grands absents, d’ailleurs, au rendez-vous de Bouznika.
Selon les échos recueillis sur place par ALM, Elyazghi remporte un large consensus surtout que Abdelouahed Radi a, depuis plusieurs semaines, annoncé qu’il ne serait pas dans la course pour le poste.
Vendredi après-midi, c’est une gigantesque tente dressée au Complexe Moulay Rachid à Bouznika qui accueillait près de 2.700 congressistes, les leaders de la majorité des partis politiques et les membres d’une quarantaine de délégations étrangères. Parmi ces derniers, figuraient Felipe Gonzales et Farouk Kaddoumi, respectivement ex-premier ministre espagnol (PSOE) et président du mouvement Fatah palestinien. Avec quelques dizaines de minutes de retard, c’est M. Elyazghi qui prend la parole pour dire qu’il n’était pas question de permettre quelque atteinte à l’intégrité territoriale du Maroc et pour appeler l’Algérie à dépasser « vieilles rancunes » et « petits calculs ».
Le leader socialiste a affirmé que l’Alternance aurait été plus fructueuse sans le revirement du lendemain des élections de septembre 2002. Elyazghi, sans nier la crise des partis politiques marocains, affirme que focaliser sur cet aspect n’est autre qu’un alibi pour consacrer le vide et faire le jeu de lobbies ne disposant d’aucune légitimité démocratique.

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