Un «guérisseur» jugé pour le viol de ses patientes

Accusé des viols de huit jeunes femmes qu’il aurait droguées pour parvenir à ses fins, un «guérisseur traditionnel» nigérien a dû s’expliquer lundi devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine sur ses pratiques, qui lui avaient déjà valu une condamnation en 1996 pour «agression sexuelle». Jusqu’à mercredi, l’homme, qui se fait appeler Ousmane, comparaît à Nanterre pour viols commis sur personnes vulnérables, administration de substances nuisibles, exercice illégale de la profession de médecin et séjour irrégulier en France. Âgé de 59 ans, il encourt vingt années de réclusion criminelle. Chemise claire sous un blouson, crâne rasé et fines lunettes, l’accusé a été interrogé par la présidente de la cour, Michèle Luga, sur son parcours depuis son arrivée en France, au début des années 70.
Arrivé en France dans le cadre de ses études jusqu’à une thèse de doctorat, l’homme ne voulait pas rentrer au Niger, «à cause d’un régime dictatorial» en place à Niamey, a-t-il raconté.
Les années suivantes, il travaille à mi-temps dans l’édition mais sera licencié, victime selon lui d’une «image de gauchiste» et d’activités syndicales. Célibataire, en situation irrégulière, l’homme se lance alors dans l’activité de «guérisseur traditionnel» en région parisienne. En médecine, Ousmane n’a ni diplôme ni même suivi d’études, mais il se prétend doté d’un don de voyance, grâce à la lecture des coquillages, qu’il aurait hérité de sa mère.
Devant les jurés et les jeunes femmes qui l’accusent, il s’en tient à une description minimale de son «travail d’épanouissement de l’individu», évoquant des «bains » ou des «massages (…) sur tout le corps». Ousmane avait déjà été condamné en 1996 à 30 mois de prison pour «agression sexuelle», lors d’une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Montauban. La plainte émanait d’une jeune femme qui demandait à être «soignée», mais l’accusé nie toujours les faits aujourd’hui et soutient qu’il n’avait pu faire appel, mettant en cause l’avocat commis d’office à l’époque. Une autre procédure pour viol, datée de 1993, a été exhumée lors de l’interrogatoire de personnalité, mais celle-ci s’était terminée par un non-lieu.

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