Une âme déchiquetée par 5 violeurs

Il y a des jours qu’on n’oublie jamais dans la vie. C’est ce qui s’est passé pour Saïda quand elle est arrivée à son vingtième printemps. Elle a tout oublié pour vivre possédée par un cauchemar, qui l’a rendue corps sans âme, un être sans existence. Elle ne voulait plus entendre personne. « Depuis cette journée, le monde est fini pour moi … », a-t-elle affirmé un jour à sa mère qui la suppliait de se débarrasser du cercle infernal où elle s’est enfermée depuis juillet 2002.
Saïda était une fille active, souriante, courageuse et belle. Seulement elle n’a pas pu poursuivre ses études avec succès. Et elle est restée chez elle, près de ses parents dont elle est la fille unique, sans rien faire.. Ils l’aiment beaucoup. « Ahmed a parlé hier avec ton père quand il l’a rencontré au souk, il espère que tu l’acceptes comme époux… » ,lui confie sa mère pleine de joie.
Saïda n’a pas cru ses oreilles. C’est la première fois que quelqu’un vient demander sa main pour le mariage. Et ce n’est pas n’importe qui, c’est Ahmed, le jeune le plus instruit de son quartier à Khouribga. Il travaille dans une société avec un salaire respectable, est apprécié par tous. Saïda est très heureuse, de cette nouvelle qui vient pour lui changer le parcours de sa vie, pour la laisser faire les adieux à l’oisiveté, à la paresse et à la fainéantise. Sa mère a commencé à lui préparer tout ce qui est nécessaire pour une fille qui attend le mariage. « Ses parents viendront prochainement pour de te demander officiellement…Seulement Ahmed n’a pas encore fixé la date avec ton père… », lui confie sa mère.
Une matinée du mois de juillet, Saïda est sortie de chez elle pour faire des courses. Avant d’y arriver, elle a rencontré sa voisine, Fatiha âgée de dix-huit ans avec laquelle elle conversait de temps en temps .
« Je ne t’ai pas vu depuis une semaine… », lui dit Fatiha « Je n’ai pas quitté la maison effectivement depuis une semaine…Parce que j’étais un peu malade et je ne suis sortie aujourd’hui que pour acheter un peu de dattes…Ahmed, membre de ma famille, viendra pour me demander au mariage… », lui affirme Saïda qui parlait avec une grande naïveté.
« Mais viens avec moi, marchons un peu… » lui demande Fatiha.
Elle l’a accompagnée pour faire un tour. Saïda ne prêtait pas attention à la destination, jusqu’au moment où elle s’est retrouvée dans une ruelle déserte, bien que l’heure ne dépasse pas encore neuf heures. « Mais pourquoi tu t’es arrêtée ici?… » demande Saïda à Fatiha qui n’a plus voulu avancer.
Saïda, inquiétée, a voulu avancer. Mais un jeune, qu’elle n’avait pas remarqué au départ, l’a saisie par le bras, l’a tirée en lui demandant de l’accompagner. Il a demandé en même temps à Fatiha, qui souriait, de disparaître. Il s’agit seulement d’une question de jalousie. « «je vais te tuer si tu cries, tu te contentes de m’accompagner sans le moindre bruit… » lui dit il en la menaçant.
Quelques pas de plus, Saïda s’est retrouvée à l’intérieur d’une maison vétuste, entre les mains du jeune qui l’a déshabillée, toujours sous la menace. Elle ne pouvait pas crier ou demander secours, bien qu’elle ait entendu des bruits émanant des deux autres chambres.
« Ici il n’y a que des hommes qui ont besoin de ton corps et rien d’autres…alors il ne faut pas espérer le moindre salut… ».
Le jeune a continué d’abuser d’elle sexuellement sans pitié. Une fois qu’il est descendu du lit, un autre jeune l’a rejointe pour prendre la relève, puis un troisième, puis le quatrième et enfin le cinquième. Ils étaient tous comme des monstres qui ne pensaient qu’à leur instinct sexuel. Ils jouaient avec la chair de Saïda, qui pleurait en silence. Le lendemain. A une heure du matin, celui qui l’a enlevée lui ordonne : « Allez habilles-toi… ». Saïda se lève lentement, son corps ne lui appartient plus. Elle est sortie de chez eux, ne pouvant plus se tenir debout que péniblement. Elle arrive chez elle dans un état lamentable. Quand sa mère l’a regardée, elle s’est effondrée. Une plainte a été portée et les cinq violeurs ont été arrêtés. Mais tout s’est écroulé pour Saïda qui ne vit plus que dans le malheur et le cauchemar d’une scène qui lui hante l’esprit quotidiennement.

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