Une avalanche de soutiens en faveur de la Suisse

Une avalanche de soutiens en faveur de la Suisse

De Washington à Madrid en passant par l’Organisation de la conférence islamique, les soutiens internationaux se multiplient en faveur des deux hommes d’affaires helvétiques retenus depuis plus d’un an par Tripoli en représailles de l’arrestation à Genève d’un des fils du leader libyen Mouammar Kadhafi. Il aura suffi d’un mot pour que la Suisse reçoive autant de soutien. Le 22 octobre, deux jours après l’expiration du délai prévu par Berne et Tripoli pour normaliser leurs relations, la ministre des Affaires helvétique, Micheline Calmy-Rey, accusait la Libye d’avoir «kidnappé» ses deux compatriotes.
La Suisse «n’a reçu aucune preuve de vie après que les deux Suisses aient été kidnappés par les autorités libyennes et cachés dans un lieu inconnu en violation flagrante» des conventions consulaires, avait alors dénoncé la ministre lors d’un point de presse. Un changement radical de ton et de stratégie qui s’est traduit ces derniers jours par une avalanche de soutiens internationaux, dont Washington. «Mon gouvernement suit ce cas avec préoccupation», a indiqué l’ambassadeur américain en Suisse, Donald Beyer, dans un entretien au journal suisse Die Sadostschweiz paru mardi. «Non seulement le gouvernement américain mais également d’autres gouvernements seraient prêts à aider la Suisse», a-t-il ajouté, sans vouloir en dire plus… Si cette offre de médiation n’a pas été suivie d’une réponse de Berne, elle a plutôt été bien accueillie par les médias suisses. «Dans l’affaire Kadhafi, la Suisse n’est plus isolée», se félicite le journal alémanique Tages-Anzeiger. «Après tout, l’Oncle Sam n’a-t-il pas une dette envers la Suisse ?», s’interroge de son côté le quotidien suisse francophone Le Matin en rappelant que début août des «diplomates suisses étaient à Téhéran pour obtenir la libération de trois randonneurs américains emprisonnés en Iran».
La Suisse a désormais l’embarras du choix pour trouver un médiateur. De passage en Suisse la semaine passée, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a assuré Berne du soutien de son pays, l’Espagne assurant dès 2010 la présidence de l’Union européenne (UE). «Pour le moment, il faut laisser travailler la diplomatie suisse en se montrant solidaires et en répondant à toutes les demandes d’aide qui seront faites», a expliqué le ministre espagnol au journal suisse italophone Il Corriere del Ticino.
L’Organisation de la conférence islamique (OCI), qui regroupe 57 Etats membres, s’est également dite prête à jouer les bons offices pour trouver une solution à la crise qui oppose la Suisse et la Libye depuis l’arrestation en juillet 2008 d’Hannibal Kadhafi et sa femme pour mauvais traitements sur deux domestiques. Mais l’offre de l’OCI n’est valable que si les gouvernements des deux pays donnent leur feu vert, a souligné le représentant de l’Organisation à l’ONU, Babacar Ba, sur la radio suisse alémanique DSR. Le Groupe de travail sur la détention arbitraire, qui a pour mandat l’examen de la légalité des détentions ainsi que des garanties procédurales, peut demander à visiter des prisons et à s’entretenir avec des détenus.

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