Valoriser le capital humain

Initiée par la Fondation Abderrahim Bouabid, le débat organisé mardi à Rabat sur le thème «Comment renforcer les capacités humaines et les facteurs de production des pauvres ?» avait pour objectif de faire la lumière sur la manière dont les pays en voie de développement peuvent utiliser leur biodiversité comme facteur de développement économique et mettre ainsi à profit l’environnement en tant qu’espace vital dont la préservation s’avère d’une extrême urgence.
Les débats sur le développement et la pauvreté se sont déroulés simultanément dans quatre pays arabes à savoir l’Egypte (le programme de développement rural «Shuruk»), la Jordanie (formation professionnelle et ses liens avec l’emploi), le Liban (les voies utilisées pour la couverture des soins de santé) et le Maroc (bio-diversité et écotourisme : source de revenus pour les pauvres). Ces discussions sont suivies dans ces quatre pays par visioconférence. Lors du débat de Rabat, les participants ont fait remarquer que l’interaction entre croissance et pauvreté a de tout temps constitué l’apanage des programmes de développement dans divers pays, et que des efforts inlassables ont été centrés sur des programmes pilotes qui font de la diversité des richesses biologiques le point nodal devant permettre la réalisation d’un développement économique et social susceptible d’assurer aux pauvres le bien-être et, en même temps, de préserver et d’accroître ces richesses.
Dans cet ordre d’idées, Lahcen Kenny, enseignant à l’Institut agronomique et vétérinaire d’Agadir, a souligné que, conscient du rôle d’avant-garde de la biodiversité dans la consécration d’un développement durable, le Maroc a initié plusieurs expériences tendant à l’amélioration des revenus des pauvres, particulièrement dans le milieu rural, dont celles des cultures biologiques, de l’écotourisme et des réserves naturelles. L’expérience de la culture biologique a parcouru un long chemin dans plusieurs régions marocaines, et de nombreuses familles rifaines ont en tiré profit, surtout que les produits de cette culture sont réputés être chers et exportés à l’étranger, a expliqué M. Kenny, citant à cet égard, l’expérience pilote entamée par une association féminine du sud du Maroc qui a choisi un produit local pour améliorer le niveau de vie de ses membres, en l’occurrence l’huile d’Argane. La culture de l’arganier, un arbre qui n’existe qu’au Maroc, s’étend sur une superficie de 830.000 ha, s’est félicité Taha Balafrej, président de la séance.
Ces associations, ajoute M. Kenny, déploient d’énormes efforts en vue de produire des huiles de grande qualité, reconnues comme huiles biologiques, qui se vendent sur le marché international à des prix consistants. Au nord du Maroc, de pauvres agriculteurs ont initié une expérience non moins importante consistant en l’exploitation du produit du Capre, un arbuste qui s’étend sur des milliers d’hectares et dont le Maroc est le premier producteur et le premier exportateur mondial, a-t-il dit. Initiés par l’Institut de formation de la Banque mondiale avec le soutien du PNUD, les débats sur la pauvreté dans le monde arabe se déroulent au Maroc dans plusieurs séances.
La fondation Abderrahim Bouabid a choisi comme thème de la quatrième séance (le 26 mars) «les micro crédits et la pauvreté» et celui de la cinquième et dernière séance (le 2 avril) «Les montages institutionnels et la pauvreté». L’objectif assigné à ces débats est d’élever le niveau de conscience sur la gravité de la situation de la pauvreté dans la région et d’initier, par un échange d’expériences en la matière, un processus d’apprentissage sur la manière de concevoir et de mettre en oeuvre une politique économique et sociale davantage orientée vers les segments les plus pauvres de la société.

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