Victime d’un Viol collectif

Ils sont trois jeunes gaillards qui se tiennent, cet après-midi du mois de novembre, devant la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Leur parcours et leur âge les rapprochent beaucoup. Abdellah est un jeune de vingt-trois ans qui a abandonné l’école depuis dix ans. Depuis, il est oisif. Il n’a appris ni métier, ni profession. La rue lui a ouvert grandement les bras au point qu’elle est devenu son monde qu’il n’abandonne que pour rentrer chez lui. Depuis son bas âge, il a appris à consommer du haschich et des boissons alcoolisées. Il fréquentait les débits de boissons situés au centre ville à chaque fois qu’il empochait quelque sous fruit du gardiennage de voitures. C’est comme cela qu’il a rencontré Saïd. Issu de la région de Taounate, il a rejoint Casablanca à 15 ans, en compagnie de l’un des membres de sa famille. Ce dernier l’a initié aux bas-fonds de la métropole au point de devenir SDF avant de rejoindre un gardien de voitures qu’il secondait. Un jour, courant 1999, il est croisé par un jeune homme de son âge, repris de justice, qui lui a proposé de constituer un duo pour agresser les riverains, surtout les femmes. Leur projet va voir le jour et ils ont commencé à opérer au centre ville de Casablanca jusqu’à leur arrestation. Ils ont écopé d’un an de prison ferme. Relâchés, chacun d’eux a emprunté son propre chemin parce que l’autre jeune homme, contrairement à Saïd, a fait ses adieux au monde de la délinquance. Quand ils se sont rencontrés la première fois, dans un bar du centre ville, Abdellah et Saïd se sont engagés dans une conversation qui leur a permis de s’entendre. Depuis, ils se rencontraient le plus souvent dans une chambre louée au quartier Sidi Othman. Là, Saïd a rencontré pour la première fois Mahmoud. Il est l’un des amis de Abdellah. Âgé de trente et un ans, Mahmoud n’a jamais mis les pieds à l’école. Il a passé douze ans dans son douar, situé dans la région de Beni Mellal avant de rejoindre sa tante au Hay Mohammedi, à Casablanca. Cette dernière a fait son possible pour le mettre sur le bon chemin. Elle l’a conduit à l’atelier d’un réparateur de vélomoteurs où il n’est resté que quatre mois avant de l’abandonner. Au fil des mois, il a quitté définitivement le foyer de sa tante pour devenir un SDF, qui inhalait de la colle, fumait des joints et buvait de l’alcool à brûler. Cependant, sa rencontre avec Abdellah lui a fait changer son comportement au point qu’il a abandonné la consommation de l’alcool à brûler et l’inhalation de la colle à dissolution pour se contenter de haschich et de boisson alcoolisées. Abdellah, Saïd et Mahmoud forment un trio, ils passent des nuits ensemble dans la chambre du quartier de Sidi Othman, chacun d’eux y arrive, en fin de la journée, avec quelques sous en poche, après avoir passé la journée en gardiennage de voitures. C’était Mahmoud qui est arrivé, cette nuit de fin d’octobre, en compagnie d’une fille de joie. Naïma, vingt-six ans, mère de deux enfants s’adonne à la débauche depuis six ans. Mais elle n’a jamais vécu une situation pareille. Quand elle a couché avec Mahmoud, elle s’est trouvée devant Abdellah et Saïd qui voulaient également faire l’amour avec elle. Elle a refusé. Aussitôt, Abdellah a brandi un couteau et l’a menacée de lui balafrer le visage si elle n’obtempère pas. Elle a fini par céder sous la menace. Ils l’ont violée à plusieurs reprises avant de la libérer le lendemain matin. Naïma n’a pas rejoint ses deux enfants ; elle s’est rendue directement au commissariat pour porter plainte. Le trio a été arrêté et déféré devant la justice. Ils furent condamnés à trois ans de prison ferme. Quant à Naïma, elle a écopé de trois mois de prison avec sursis pour débauche.

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