Younès Moujahid : «Il est temps de passer à la vitesse supérieure»

Younès Moujahid : «Il est temps de passer à la vitesse supérieure»


ALM : Quelle est la part réservée par le nouveau projet de Constitution à la liberté de la presse?
Younès Moujahid : Il y a plusieurs points dans le nouveau projet de Constitution qui consacrent des principes positifs à la liberté de la presse. Il s’agit d’un acquis majeur pour les journalistes en particulier et les citoyens en général. En effet, c’est une consécration de la transparence et du droit à l’information. D’ailleurs, on ne peut pas imaginer une démocratie sans transparence et sans qu’elle ne soit concrétisée dans la réalité. En effet, le nouveau projet de Constitution a clairement mentionné la notion de liberté de la presse et de transparence. Mais, il a également incité tous les professionnels de la presse et des médias à s’auto-organiser. C’est donc un discours déontologique qui invite l’ensemble de ces professionnels à participer à l’élaboration des lois et des principes régissant leur métier.

Quelles sont les autres nouveautés apportées par ce projet?
La constitutionnalisation des droits de l’Homme, dans ce nouveau projet de Constitution, dans tous ses volets constitue un apport considérable à la liberté de la presse. Je cite en exemple, dans ce cas, la présomption d’innocence qui est un acquis majeur. Mais, il y a également le titre XII du projet de Constitution à propos de la bonne gouvernance qui touche directement le secteur par le contrôle et la gestion rationnels que ce soit au niveau de la presse écrite, audiovisuelle, ou toute autre forme de médias. En effet, lors de l’élaboration du projet de Constitution, nous avions insisté sur le fait que le nouveau code qui régira la presse soit aux normes internationales. Nous avons été entendus puisque le préambule dudit projet le souligne en gras et responsabilise le gouvernement dans ce sens. Désormais, les nominations à la tête des institutions publiques se feront de manière transparente et couvriront l’ensemble des bons gestionnaires du secteur.

Comment le secteur devra-t-il s’organiser pour optimiser les acquis de ce nouveau projet de Constitution?
Si le projet de Constitution est voté «Oui», et je crois qu’il le sera, les professionnels de la presse et les forces qui défendent le secteur devront s’allier pour faire pressions sur les partis politiques. Je pense qu’ils devront travailler en lobbying pour introduire leurs revendications dans les programmes de ces partis. Il s’agit de leur forcer la main ou plutôt de les convaincre des projets et des aspirations du secteur de la presse. Il est temps de passer à la vitesse supérieure.

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