Célibattante : Un choix de vie

Loin du cliché de la femme trentenaire qui cherche un époux, une catégorie de femmes assument fièrement leur célibat et le vivent sans complexe. Ce sont les célibattantes.  Le terme n’existe pas, pourtant il a été créé juste pour signifier une situation croissante que vivent beaucoup de femmes. Une situation parfois assumée mais qui reflète aussi le malaise de celles-ci. Le terme renseigne à plus d’un titre sur le combat que mènent les célibataires au quotidien sur plusieurs fronts. En effet, la société marocaine perçoit encore le célibat comme un échec social. Quelles que soient les réalisations de la femme au sein de la société, sa réussite reste tributaire de sa situation familiale. «Je suis ingénieur en réseaux télécommunications. J’ai une bonne situation financière et je projette même d’acquérir une maison. D’ailleurs,  mes proches sont stupéfaits à l’idée que j’ai une maison alors que je ne suis pas mariée», confie Hakima une trentenaire casablancaise. Et d’ajouté que «pour son entourage familial, ce genre de projet se fait à deux et c’est l’homme qui doit l’assumer».
Si les hommes ont l’avantage de ne pas avoir une horloge biologique, les femmes sont condamnées à cette fatalité. La date fatidique du 30e anniversaire donne la sonnette d’alarme et renvoie la femme aux angoisses d’affronter le jugement de la société : finir le restant de ces jours comme une vieille fille. Contrairement, le célibat est abordé sereinement par les hommes. Même la quarantaine passée, un célibataire est considéré comme un bon parti. Pis encore, il peut déléguer la tâche de recherche d’une épouse à sa mère ou à une entremetteuse qui se charge de lui trouver une fille de bonne famille. Une fille qui est amenée à procréer et non à se construire un avenir sans mari. Mais de plus en plus de femmes commencent à ne plus se soucier de ses considérations et vivent leurs vies comme bon leur semble.
Cependant, il ne faut pas généraliser, si les célibataires issues des grandes métropoles marocaines assument pleinement leur célibat, ce n’est pas le cas de femmes rurales. Lorsqu’elles ne travaillent pas, elles aident dans les tâches ménagères et lorsque les hommes mariés de la famille n’ont pas d’autres solutions que de vivre en communauté avec elles dans une même maison, la femme célibataire fait office de nourrice ou de seconde maman.
Bref, en plus de l’humiliation qu’elle subit de la part de son entourage familial, s’ajoute les corvées ménagères. Le célibat dans ces conditions n’est pas de tout repos. D’ailleurs, même les femmes, dite célibattantes, qui assument leur célibat à un âge très avancé font l’objet de remarques et de moqueries de la part de leur entourage. «Ma famille ne cesse de me mettre la pression pour épouser quelqu’un. Pour moi, il n’en est pas question que j’épouse qui que ce soit ! Financièrement, je n’ai besoin de personne. Si j’envisage un jour de me marier, cela sera dans l’unique objet de concevoir des enfants», continue Hakima. Donc ce qui pousse généralement les femmes à opter pour le célibat, ce sont les conditions financières.
Le travail assure l’indépendance et l’autonomie de la femme, mais serait-il possible qu’un jour les femmes se passent des hommes ? Pour le moment, même les célibataires endurcis recourent à un mariage tardif pour avoir des enfants. Les plus réticentes, quant à elles, préfèrent adopter et donner leur amour à des orphelins. Et il se peut que, dans quelques années, les femmes prennent les commandes et que l’homme devient, pour elle, juste un objet de procréation et rien d’autre.

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