Xavier Landouer : «Les investisseurs étrangers sont pénalisés»

Xavier Landouer : «Les investisseurs étrangers sont pénalisés»

ALM : Comment avez-vous mené votre mission depuis 2007 ?
Xavier Landouer : La mission de Dekra conformément à notre engagement contractuel a été de créer des centres en propre pour augmenter le maillage réseau et assurer un meilleur service de proximité aux usagers. L’administration a demandé en outre à Dekra la mise à niveau des centres de visite indépendants existants en les ralliant à son enseigne. Dekra a créé 20 centres de visite technique en propre et projette d’en ouvrir une dizaine d’ici fin 2012 pour une plus grande proximité des centres auprès des usagers. De plus Dekra a créé en 2008 le plus grand réseau national marocain de centres présent sur tout le Royaume avec 107 centres ralliés à son enseigne qui ont tous bénéficié de l’accompagnement de Dekra dans le but de professionnaliser davantage le métier de visite technique.

Vous êtes encore loin des objectifs fixés en 2007. Quelles sont les raisons de ce retard?
Dekra, dans le cadre de sa vision à long terme, a fortement investi dans la mise à niveau des centres ralliés à son enseigne en concédant notamment un an de gratuité de redevances à ces centres. Or plus de 50 centres ont quitté Dekra après deux ans de contrat pour rejoindre un troisième opérateur créé en 2010 et fortement soutenu par l’administration. Cela a entraîné une réduction de moitié du CA réalisé avec les centres ralliés. En outre, la création et l’accompagnement dans le cadre de la mise à niveau des 107 centres, ainsi que les difficultés rencontrées liées notamment au foncier et la recherche de terrains répondant aux exigences du CDC et le retard de l’administration à délivrer à Dekra les autorisations d’ouverture de centres sont autant de raisons qui ont retardé notre engagement contractuel de créer 26 centres en propre. Par ailleurs, dans le secteur, il y a actuellement un problème d’équité : à notre arrivée au Maroc, nous avons déposé une caution de 15 millions de dirhams alors que le troisième opérateur n’a déposé que 3 millions DH qu’il a d’ores et déjà pu récupérer alors que nous non ! C’est une discrimination. On est pénalisé en tant qu’investisseur étranger.
 
Parmi les reproches faits aux nouveaux opérateurs la volonté de faire perpétuer un système de rente…  
C’est archi-faux ! C’est plutôt le contraire. L’introduction en 2007 de deux opérateurs en réseaux dont Dekra Automotive Maroc, disposant d’un niveau technique, humain et organisationnel à l’instar des standards internationaux dans le domaine est venue précisément mettre fin à l’anarchie dans le secteur. Vous savez, sans la perfusion de Dekra France, on aurait fermé depuis longtemps.  Je vous assure qu’il n’y a nullement un système de rente. Il s’agit plutôt de redevance en contrepartie d’une prestation de services accordés aux centres pour leur mise à niveau notamment : la formation des équipes, les audits des centres, la mise à disposition et la mise à jour du logiciel d’exploitation, le protocoles de communication permettant le transfert des données des contrôles à Dekra et puis à l’administration, conception et mise en place d’un Système de management qualité, assistance des centres par le biais de plates-formes informatiques, techniques et réglementaires…

À votre avis, que faut-il faire pour réussir le chantier de la mise à niveau ?
Il faut mettre fin à l’indulgence ! Au Maroc, le taux de visite défavorable est de 5% contre une moyenne de 20% en Europe. La mise à niveau de ce secteur doit se faire d’une manière concertée avec des actions d’incitation de la part de l’administration. Les trois opérateurs actuels assurent un service public par délégation suivant un cahier des charges bien précis. Il nous faut le soutien de l’administration pour que nous puissions mener dans les règles de l’art notre mission d’amélioration de l’état des véhicules et donc de la sécurité routière.

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