Andre Agassi, roi de Melbourne

Les spectateurs présents dimanche matin sur le central de Melbourne Park espéraient assister à un match final de haut niveau. Ils n’avaient eu droit en fin de compte qu’à 76 minutes. Le temps qu’a fallu à Andre Agassi pour venir à bout de son adversaire, l’Allemand Rainer Schuettler en trois sets, 6-2, 6-2 et 6-1. On dirait un premier tour d’une petite épreuve du circuit. La logique a finalement prévalu. La tête de série numéro 2 n’a fait qu’une bouchée d’un tennisman occupant la 31ème position au classement ATP.
D’entrée de jeu, Agassi a annoncé la couleur. Il a réussi à prendre le service de Schuettler sur un jeu blanc. 3-0 après une dizaine de minutes du début de la rencontre. Après une petite résistance de l’Allemand qui réussit à remonter au score 3-2, l’Américain reprend les rênes du match en concluant le premier set 6-2 en 28 minutes.
Le match s’équilibrait davantage en début du deuxième set. Mais les petits sursauts de l’Allemand n’inquiétaient pas Agassi outre mesure. L’Américain a achevé cette manche en conservant son service blanc. Le match avait alors duré 55 minutes et les occasions d’applaudir pour la foule de 16.186 spectateurs avaient été rares. Sans avoir trop à travailler, Agassi s’est montré le plus fort au troisième set. La deuxième balle de match fut la bonne. L’Américain a lancé un coup droit devant lequel Schuettler est resté impuissant, étant à trois mètres de la balle. Le fils de Las Vegas a signé sa quatrième victoire à Melbourne, en 1995, 2000, 2001 et 2003. N’ayant pas participé à la précédente édition en raison d’une blessure au poignet, la victoire de dimanche est sa 21ème d’affilée à l’Open d’Australie. Ce sacre propulse l’Américain encore plus haut dans le Panthéon du tennis mondial, puisqu’il s’agit de son huitième titre de Grand Chelem.
Cinq titres ont été conquis après son 29ème anniversaire. Ceci le place désormais à égalité avec Connors, Ivan Lendl, Fred Perry et Ken Rosewall dans la liste des vainqueurs majeurs. Le tennisman qui aura 33 ans le 24 avril prochain a fait du chemin depuis sa première apparition dans un tournoi de Grand Chelem hors des Etats-Unis. C’était à Rolland Garros en 1987.
Avec une abondante crinière et un short en jean, il avait fait sensation. Depuis, sa carrière a connu des hauts et des bas. On l’a même donné pour mort sur le circuit à deux reprises. En 1993, une opération au poignet l’a précipité à la 24ème place au classement mondial. Quatre années plus tard, ce sont des kilos superflus qui lui ont fait un grand tort. Il s’est retrouvé alors à la 114ème position. Mais tel un phoenix, il renaissait à chaque fois de ses cendres. Un travail de titan doublé d’une sagesse acquise de jour en jour et une vie de famille équilibrée aux côtés de sa femme, Steffi Graf et leur enfant de onze mois. «J’essaye de prendre chaque jour comme si c’était le dernier. Il n’est pas facile de bien se préparer. Cela devient même de plus en plus difficile à mesure que je vieillis, mais le résultat est là ? je suis de plus en plus fort», explique-t-il.
Belle consécration en tout cas pour cet homme qui n’a pas peur des échecs. Dimanche, il est devenu le plus vieux champion de Melbourne depuis que l’Australien Ken Rosewall gagna son quatrième titre à 37 ans en 1972.

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