Athlétisme : Record du monde du 100 m : Powell a reconstitué le puzzle

Athlétisme : Record du monde du 100 m : Powell a reconstitué le puzzle

La tête autant que les jambes, la technique, la qualité de la piste et les conditions climatiques particulières:  autant d’éléments du puzzle qui, reconstitués, ont permis au Jamaïcain Asafa Powell d’améliorer son record du monde du 100 m (de 9.77 à 9.74), dimanche à Rieti (Italie).
L’élément psychologique? «Tout le monde pense qu’il suffit de courir vite sur 100 mètres après le coup de pistolet. Au contraire, plus l’effort est court, plus la force intérieure doit être forte», rappelait Jean-Claude Perrin, entraîneur de sport, à Osaka (Japon).
Au stade Nagai, le 27 août, Powell s’était délité en finale mondiale, dès lors que l’Américain Tyson Gay était revenu à sa hauteur aux 60 mètres. «J’ai paniqué », avait reconnu le détenteur du record du monde, qui avait même laissé filer la 2e place au bénéfice de son cousin éloigné, le Bahamien Derrick Atkins.
Le fils de pasteurs, qui avait gardé la tête baissée lors de la présentation des concurrents, comme un signe d’allégeance envers Gay, s’était cabré. Rapetissé. Il avait oublié la technique, montant exagérément ses genoux quand l’énergie doit être distribuée vers l’avant.
Le timide de Kingston a en revanche justifié son statut d’homme des records. Il en a battu ou égalé quatre en deux ans. Aussi bien que Carl Lewis.
Powell n’a que 24 ans. Il peut encore améliorer sa mise en action et allonger sa foulée. En Italie, l’athlète caribéen, qui mesure 1,90 m, a employé 43,5 fréquences, quand l’Américain Justin Gatlin, suspendu depuis pour dopage à la testostérone, avait remporté le titre mondial en 2005 avec 42 foulées de «jaguar».
«J’ai fait quelques erreurs, mais, aujourd’hui, je suis de retour. Après les championnats du monde, on a travaillé avec mon coach afin que je retrouve mon meilleur niveau», a expliqué Powell. «Aujourd’hui, j’ai couru comme j’aurais dû le faire aux Mondiaux, sur une piste très rapide et rebondissante. L’Italie (où il séjourne et s’entraîne lors de la saison des meetings européens), c’est ma seconde maison».
Signe de sa très grande forme, Powell a, une heure plus tard, remporté la finale en signant un autre chrono époustouflant (9.78), par vent nul cette fois. Comme un record du monde est relatif (vent, température, altitude), les statisticiens utilisent depuis quelques années des correctifs pour juger la valeur « intrinsèque » des performances sur la ligne droite. Le vent amplement favorable (1,7 m/s) de la demi-finale attribue ainsi un malus de 5/100. Référence absolue. C’est donc bien le 9 sec 78/100 de la finale qui devient désormais la référence, seulement grevé d’un centième pour l’avantage lié à l’altitude. L’Américain Maurice Greene avait couru en 9 sec 79/100, le 16 juin 1999 à Athènes, temps « corrigé » par les statisticiens à 9 sec 80/100 en raison d’un léger souffle de vent (+ 0,1 m/s). Ce que les scientifiques de la course ne pourront jamais évaluer avec précision, c’est l’importance de la piste (celle de Rieti était surtout connue pour « ses » records de demi-fond), la finesse de l’air, dont ne manque pas Rieti. Centre géographique de la Botte, cette charmante cité sise au pied du Mont Terminillo, haut-lieu du Tour d’Italie cycliste ces dernières années, possède une piste en Sportflex installée, il y a 4 ans. Le bon âge, disent les connaisseurs, pour « rendre au maximum ». Enfin, détail non négligeable, il faisait 25 degrés, température idéale, dimanche à 17h27 (15h27 GMT) quand Powell s’est mis en route vers le record.

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