Basket-ball : Euro-2007 messieurs : Comme un roman russe

Basket-ball : Euro-2007 messieurs : Comme un roman russe

«Où est ma médaille d’or? C’est ma femme qui me l’a piquée! ». A l’image de Kirilenko, c’est toute l’équipe russe qui était hilare après le tour qu’elle a joué à une Espagne ultra-favorite chez elle mais crucifiée sur un dernier panier de JR Holden (60-59) devant un public madrilène médusé.
Kirilenko ou la belle histoire. On l’avait quitté sur une saison NBA ratée avec les Utah Jazz et une conférence de presse où il avait fondu en larmes devant l’incapacité d’expliquer ses flops à répétition. On se souvenait aussi de l’aveu de l’année, sorti justement de la bouche de sa femme Masha, qui avait lancé au printemps que son mari, forcément très sollicité, avait droit à une aventure extra-conjugale par an! On a retrouvé «AK 47» dimanche en MVP de l’Euro-basket au terme d’un tournoi où il est revenu à la vie et, avec lui, l’équipe russe toute entière. «C’est le plus beau jour de ma carrière, lançait-il dimanche bien après minuit. Gagner ce titre avec mes potes, des gens comme Victor (Khryapa) que je connais depuis dix ans, c’est tout simplement fabuleux», souigne-t-il. Fabuleux et sans doute une des plus grandes surprises de l’histoire du jeu, tant l’Espagne semblait invincible et la Russie dévolue à un crash en cours de compétition. Comme d’habitude. Comme lors des quatre derniers Championnats d’Europe où elle est à chaque fois tombée en quarts de finale.
«Soyons honnêtes, qui aurait parié sur une victoire de la Russie?», a rappelé David Blatt.
Sauf que cette fois, la Russie avait réuni tous les ingrédients, alignant une équipe soudée, pour une fois disciplinée et portée par trois joueurs exemplaires: le naturalisé américain JR Holden, Kirilenko et son plus fidèle second, Khryapa, cantonné sur le banc des Chicago Bulls mais peut-être le vrai MVP du tournoi.
«Sur les trois derniers matches, Holden a successivement tenu Tony Parker, Sarunas Jasikevicius et Jose Manuel Calderon, soit trois des meilleurs meneurs au monde, a commenté Blatt. Quant à Khryapa a été magique. Bien sûr qu’on aime Andreï, il mérite tous les louanges, mais Victor a tout simplement été indispensable». Un groupe uni et un trio de choc donc. Et puis aussi et surtout un coach qui constitue sans doute la principale raison du premier titre de la nouvelle Russie.
Lorsque Blatt a pris en main la sélection au sortir d’un Euro-2005 cauchemardesque (8e place, non-qualification pour le Mondial japonais), il a dû tout reprendre à zéro. En deux ans, il a fait des miracles au-delà de toutes les espérances.
«Sa part est énorme, estime Khryapa. Il nous a porté chance, on avait toujours échoué en quarts de finale, c’est lui qui nous a permis de briser la malédiction». «On a pris un énorme plaisir à travailler sous ses ordres, a enchaîné Kirilenko. On a grandi ensemble, je lui rends hommage, j’aimerais bien l’avoir comme coach en NBA!». «Vous voyez comme ce sont des garçons adorables», a répliqué Blatt.

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