Cherkaoui : «La casse n’est pas une fin en soi»

Cherkaoui : «La casse n’est pas une fin en soi»

ALM : Qu’avez-vous ressenti après avoir réussi cet exploit ? 
Rachid Cherkaoui : Lorsque j’ai brisé les 11 bains de glace, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire dans la salle. Il y a eu des applaudissements du public qui furent synchronisés et rythmés. On n’aurait pas dit que c’était improvisé. Il y avait même certains qui ont pleuré alors qu’ils ne me connaissaient pas. Et cela m’a tellement ému. De toute ma vie, je n’ai jamais été aussi fier d’avoir accompli quelque chose. Mes années d’entraînement ont été ainsi récompensées. C’était un travail dur de longue haleine. Mais le résultat en valait la peine.

Vingt ans après avoir battu le record du monde de casse, vous revenez aujourd’hui  en force pour établir un nouveau record. Quel est votre secret ?
C’est grâce à l’énergie interne que j’ai réussi à briser les glaces. Avec l’âge, la force musculaire diminue.
Mais ce n’est qu’une force physique. Une force visible. L’énergie interne, le « Ki », elle, dégage une force spectaculaire. Le principe du « Ki » repose sur la concentration. Il faut qu’il y ait une parfaite harmonie entre le corps et l’esprit.
Si l’on se focalise uniquement sur la force physique, l’action risque de se traduire par une agitation vaine et inutile.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à relever ce challenge ?
En battant mon propre record, j’ai voulu prouver aux jeunes qu’avec l’énergie interne, tout devient possible. Il suffit de savoir comment la canaliser. Aujourd’hui, on voit que plusieurs jeunes pratiquants d’arts martiaux concentrent leurs efforts dans le développement de leur musculature. Je ne dis pas que c’est une mauvaise chose. Mais ils doivent également savoir que les muscles finissent un jour ou l’autre par devenir faibles. Seule l’énergie interne demeure intacte, si on apprend, bien sûr, à la maîtriser. Pour moi, par exemple, il m’a fallu des années d’entraînement avant que je ne me sente enfin prêt à « reprendre du service ».

Certaines personnes disent que les arts martiaux sont parfois trop violents. Qu’en pensez-vous ?
Il faut voir au-delà de la casse. Je n’ai pas envie que les gens ne retiennent que cette scène. Comme je l’ai souligné, mon but est de monter qu’avec le «Ki», on peut faire des choses spectaculaires. La casse n’est donc pas une fin en soi. D’ailleurs, l’objectif des arts martiaux n’est pas d’apprendre aux gens comment donner des coups de poings ou des coups de pieds. Loin de là. C’est plutôt le contrôle du corps et de l’esprit qu’on apprend en pratiquant le karaté ou encore le kung-fu. Avec les arts martiaux, ces deux entités (le corps et l’esprit) cohabitent en parfaite harmonie. 


Le palmarès de Rachid Cherkaoui

Rachid Cherkaoui est un passionné d’arts martiaux. Il avait battu en 1987 le record du monde détenu à l’époque par le Vietnamien Fam Ziang Tang (8 pains de glace/1986). Trois ans plus tard, en 1990, ce vétéran d’art de combats établit un nouveau record en cassant 10 pains de glace. Un record qui resta imbattable jusqu’à ce que Rachid Cherkaoui ne revienne, vingt ans après, pour défier une fois encore la glace. En plus du karaté, ce champion a aussi pratiqué le « Viet-vo-dao », un art de combat vietnamien. Il était finaliste de la Coupe du Trône de « Viet-vo-dao » en 1975. Une Coupe qu’il finit par remporter un an après.

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