Élimination de la Côte d’Ivoire : après l’échec, les supporters ivoiriens entre déception et colère

«Ce n’est pas facile de s’en remettre»: les quelque 3.000 spectateurs de la place Ficgayo à Yopougon, un quartier d’Abidjan, ne cachaient pas leur tristesse et leur colère après l’élimination de la Côte d’Ivoire par l’Algérie en quart de finale de la CAN-2010. Venus dès le début de la soirée des quartiers déshérités, ils avaient envahi cette vaste place du plus grand quartier de la capitale économique ivoirienne pour suivre, sur un écran géant, leur équipe et sa constellation de vedettes, qui comptait parmi les grands favoris de la Coupe d’Afrique des nations. Après les prolongations et le 3-2 en faveur des Fennecs algériens, le mot «déception» est sur toutes les lèvres. Quelques larmes. Et l’amertume déborde. «Voici des jeunes qui jouent dans les grands clubs et perçoivent de gros salaires, et qui ne sont même pas capables de ramener une Coupe d’Afrique», s’indigne Maxime, la mine défaite, laissant pendre négligemment son drapeau aux couleurs orange-blanc-vert sur son épaule. «Ils jouent dans les meilleurs clubs européens et ils ne valent rien en sélection», peste Abdul, un mécanicien qui pointe un «manque de volonté». «Ils n’ont pas joué avec leur cœur», crie un passant déambulant sur la chaussée rapidement désertée. La superstar Didier Drogba, le buteur du club londonien Chelsea, décevant depuis le début de l’épreuve, est la cible de tous les critiques. «Drogba égale déception»: le verdict est sans équivoque sur un carton brandi par un supporter. «C’est la désolation totale», renchérit Antony, un étudiant qui vient d’ôter le maillot frappé du nom du champion qu’il portait fièrement avant le match. Non loin, un groupe de jeunes déplore une «occasion ratée avec toute cette génération» de joueurs d’exception.

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