Euro-2008 : la revanche des Bleus

Euro-2008 : la revanche des Bleus

La France a pris sa revanche, mercredi, sur l’Italie (3-1) grâce notamment à un doublé de Sidney Govou, titulaire- surprise de ce somptueux match des qualifications à l’Euro-2008 de football (groupe B).
Ce succès ne remplacera jamais une Coupe du monde. Mais il permet aux Bleus de tirer un trait sur la soirée du 9 juillet (finale du Mondial perdue face à l’Italie, 1-1 a.p., 5 t.a.b. à 3). Sans oublier que, dans leur groupe, les Français mettent les Italiens à 5 points derrière eux.
Pour ce match pas comme les autres, Raymond Domenech avait sorti le grand jeu, abandonnant son 4-4-2 post-Mondial pour un 4-2-3-1 déjà utilisé en Allemagne, mais présenté ici dans une formule inédite : Coupet – Sagnol, Gallas, Thuram, Abidal – Vieira (cap.), Makelele – Govou, Ribéry, Malouda – Henry.
Saha, relégué sur le banc, faisait les frais de ce remaniement, au profit de Govou. Et cet invité-surprise – banni en CFA ces derniers temps à Lyon – a pris à froid les champions du monde (1-0, 2e minute, sur un centre de Gallas) avant de remettre les Bleus sur de bons rails (3-1, 55e minute, de la tête sur un centre de Sagnol). Il a même frôlé le triplé (66). Entre les deux buts de Govou, Henry, qui commençait à soulever des questions sur son efficacité diluée en sélection, a inscrit son 37e but en 88 sélections (à quatre longueurs du record de Michel Platini). Le Gunner a bien suivi une balle repoussée par Buffon face à Malouda (2-0, 17).
Mais la France a encore payé son péché mignon, les coups de pied arrêtés, en dépit des mises en garde répétées cette semaine de Vieira et Henry : sur un coup-franc de Pirlo, Gilardino a placé sa tête dans une défense française somnolente (2-1, 20). Les 4e et 5e buts (en 24 sélections) de Govou renforcent en tout cas encore un peu plus son aura de porte-bonheur. L’attaquant -appelé de dernière minute après la blessure de Djibril Cissé et remplaçant au Mondial – avait participé à 4 matches d’affilée avec la France à la Coupe du monde (quatre victoires) jusqu’à la finale, perdue par les Français, alors qu’il n’était pas entré en jeu cette dernière fois. Domenech, qui avait exhorté ses joueurs à ne pas sombrer dans "l’autosuffisance", peut se demander, à la vue de leur apathie sur le but italien, s’il a vraiment été écouté cette semaine à Clairefontaine. Le sélectionneur peut en revanche se réjouir de la forme éclatante affichée par Coupet, qui profite de l’absence de Barthez (sans club) pour prouver qu’il a vraiment les épaules d’un numéro un. Le portier de l’OL a effectué des parades de grande classe (27, 77, 90). Le 4-2-3-1 a aussi fait briller Ribéry, placé pour la première fois à la place de "ZZ". Le Marseillais, adoubé par Zidane durant le Mondial, s’est montré digne de la confiance de l’ancien maître à jouer des Bleus, en régalant ses partenaires avec ses ouvertures, sa «vista» et son mordant. Sagnol a fait passer Gattuso, le "Monsieur récupération" italien, pour un enfant de chœur, en ratissant très haut les ballons dans les pieds d’Azzurri médusés. Les Bleus avaient fait du mot "revanche" un tabou. Pas le public français, encore frustré et hanté par les images du coup de folie de Zidane.
Le Stade de France a sifflé – sans que cela ne tourne toutefois à une «bronca» terrible – l’hymne italien, avant de scander «Zizou, Zizou !» en fin de match. Mais les Français ont définitivement tourné la page de l’“Ange bleu“ avec ce succès.

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