Gharib le mystérieux !

Gharib le mystérieux !

C’est avec beaucoup de classe que Jaouad Gharib a terminé l’épreuve du marathon aux Mondiaux d’athlétisme, qui ont cours au Stade de France à Paris. Sur les derniers mètres avant la ligne d’arrivée, le Marocain s’est tout simplement envolé. On aurait cru qu’il avait cédé la place à un sosie encore en possession de toutes ses capacités physiques. L’Espagnol Julio Rey, qui était jusque-là au coude à coude avec notre champion national, n’en revenait plus, voyant l’écart se creuser à une vitesse telle qu’il s’est avéré impossible à réduire. La prestation de Gharib ne s’est pas arrêtée là. En effet, cette victoire a le mérite d’être qualifiée de « trois en un », ou d’une « pierre trois coups ». Cela nous fait une médaille d’or dans la musette, à même de pallier la pénurie dont on souffre sur ce volet. Une précieuse médaille enjolivée d’un nouveau record des Championnats du Monde, et de deux. De surcroît, Gharib devient ainsi le premier Marocain à décrocher une médaille sur le marathon dans une compétition planétaire, après la médaille d’argent remportée en 1960 par Abdeslam Radi aux Jeux Olympiques de Rome. La réalisation du nouveau champion du monde a de quoi nous mettre du baume sur le coeur. Notamment en période de vache maigre que traverse l’athlétisme national lors de ces Mondiaux. Et puis, bonus conséquent au passage, Jaouad Gharib aura donné un véritable coup de fouet au classement marocain, qui est passé de la treizième à la septième position. Qui dit mieux ? Vainqueur des Championnats du Monde de semi-marathon l’année dernière, Jaouad Gharib a amélioré l’ancien record des Mondiaux, établi il y a 20 ans par Robert de Castella, en couvrant la distance de 42,195 km en 2h 08min 31secs. L’Australien avait enlevé le titre mondial lors de la première édition, à Helsinki en 1983, en un temps de 2h 10mn 03secs. Le nouveau champion du monde a devancé l’Espagnol Julio Rey (2h 08min 38secs) et l’Italien Stefano Baldini (2h 09min 14secs). Âgé de 31 ans, Gharib n’en est qu’à la deuxième participation de sa carrière à un marathon. Il avait fini sixième lors de son premier marathon, disputé à Rotterdam au printemps. « C’est un grand honneur pour moi d’offrir au Maroc une autre médaille d’or après Hicham El Guerrouj », avait-il déclaré. « C’est un athlète incroyable qui m’a donné beaucoup d’espoir », avait-il lancé à propos d’El Guerrouj, qui a remporté son 4e titre mondial sur 1.500 mètres mercredi dernier. Cependant, Jaouad Gharib n’était pas donné comme favori sur ce marathon. Les pronostics, toutes sources confondues, s’étaient plus penchés vers les autres Marocains engagés sur la distance, tel Mostapha Damaoui ou Moulay Taher Chadli. Il n’en sera rien. Ainsi, le marathon avait démarré sur les chapeaux de roues, avec des barres assez hautes, de l’ordre de 15min 12secs au 5e km et de 30min 20secs au 10e. À cette cadence effrénée, les d’athlètes engagés devaient fournir beaucoup d’effort afin de rester dans la course. En effet, avec une moyenne de trois minutes le kilomètre, la centaine de marathoniens allaient être dispersés et l’écart commençait à se dessiner. Gharib, Skah et El Ghanmouni ne seront pas dépassés par les événements et resteront parmi le peloton de tête. Toutefois, ce n’est qu’au 33e km que le vrai marathon débutera. Le poulain de Brahim Boutayeb lance la dernière offensive destinée à complètement dissoudre le peloton. Une action qui fut une réussite totale puisque les muscles des participants n’eurent pas assez de tonus pour suivre. À l’exception de l’Espagnol Julio Rey, qui accompagnera Gharib jusqu’à l’entrée de l’arène mythique du Stade de France, avant de céder, impuissant, devant les foulées assassines d’un Gharib en transe. À ce stade, la victoire du natif de Khénifra n’était plus qu’une question de secondes. Le podium commençait à se matérialiser, jusqu’au passage de la ligne d’arrivée. C’était fait. Bravo Jaouad.

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