Il faut sauver l’athlète marocain

Aujourd’hui Le Maroc : Les foulées internationales de Berkane sont à leur deuxième année. Pourquoi avoir opté pour Berkane pour abriter un événement d’une telle envergure ?
Il y a plusieurs raisons. Tout d’abord, Berkane est ma ville natale. Je me devais de lui rendre hommage. Et la meilleure façon de le faire a été d’y organiser un événement sportif qui en est actuellement à sa deuxième édition et dont je compte faire une compétition annuelle. Il y a aussi l’immense succès qu’a connu notre première expérience.
Plus de 2400 participants avaient signé présents. À cela s’ajoute sa grande popularité. Quelques 70.000 personnes ont suivi l’événement dans une ville qui n’en compte que 150.000. C’est dire l’engouement qui en a été suscité. Tout cela nous a encouragé à rééditer l’exploit.
La ville avait grandement besoin d’une activité à même de valoriser aussi bien ses jeunes talents que ses atouts économiques et touristiques. Une façon de désenclaver cette belle région du Maroc et ses habitants.
La valeur globale de cette compétition est de 260.000 dollars. Une somme très importante que vous avez réussi à drainer. Comment avez-vous fait, sachant que le financement des rencontres sportives est un handicap majeur pour développement de l’athlétisme au Maroc ?
Je suis athlète et je sais, de par mon expérience, que pour organiser une course digne de ce nom, il faut y mettre les moyens nécessaires. Une raison qui m’a poussé à faire des propositions aux différents sponsors qui accompagnent l’événement.
Le caractère international des foulées de Berkane et les grandes pointures de l’athlétisme mondial, qui y seront, ont aidé à ce que le financement ne soit pas une entrave. Il y a également une cause que nous défendons, celle des enfants et qui sera le thème de cette manifestation sportive. Une cause qui a aidé à attirer davantage de sponsors.
Quel serait le nombre des athlètes participants à cette compétition ?
Nous nous attendons à plus de 4000 participants. Trois épreuves différentes sont prévues lors de ces foulées, en plus de deux autres pour les enfants. Aux 5000m, qui se dérouleront à l’intérieur de la ville, s’ajoute le mile qui verra la participation de plusieurs athlètes marocains qui ont brillé lors des dernières rencontres internationales. Ceci, ainsi que les 10.000 m dont la participation est sur invitation étant donnée son importance et la présence des meilleurs athlètes au monde dans cette distance.
Quels sont les prochains rendez-vous internationaux que vous comptez disputer ?
Je n’ai encore rien prévu pour l’instant. Mon objectif le plus important est celui de remporter une médaille olympique. Je ne cesserai jamais de le dire. C’est pour cela que j’ai décidé de réduire au maximum le nombre de mes participations. Ceci dit, je compte prendre part à une compétition qui aura lieu à Doha en mai prochain.
Le 17 août est également une date importante pour moi dans la mesure où je vais me mettre à l’épreuve à Zurich dans le 5000 m.
Quelle évaluation faites-vous de l’athlétisme marocain ?
L’athlétisme au Maroc est en perpétuelle détérioration. Ce sont des personnes bien définies qui, en parfaite méconnaissance de l’athlétisme marocain, en sont la principale cause. Venant du milieu du football, où ils n’ont pas réussi à faire leur preuve, l’intérêt que peut représenter l’athlétisme est le cadet de leurs soucis. Quelqu’un qui a 70 ans et qui occupe le poste de secrétaire général ne peut tout simplement pas assumer cette fonction et ce qu’elle impose.
Il faut du sang neuf. Notre pays dispose de plus d’un talent dont il peut être fier. Je suis très optimiste à ce niveau. Mais tout le reste laisse à désirer. Il faut donner leurs chances aux jeunes.
Avec l’expérience des autres athlètes et sous leur encadrement, ils sont capables s’assurer la relève. C’est le meilleur moyen de sauver l’athlétisme marocain.

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