Il y a une vie après la can

Il y a une vie après la can

ALM : Quelle lecture faites-vous de la décision de la CAF suite à la demande du Maroc de reporter la CAN ?

Nasser Larguet : La demande de report est légitime de la part du Maroc, puisqu’il s’agit d’une pandémie qui a fait à ce jour plus de 5.100 victimes en Afrique subsaharienne, et le citoyen marocain doit être protégé et mis au centre du débat. La décision de la CAN est à prendre en compte sur l’aspect réglementaire, puisque cela est stipulé dans ses règlements généraux. Par contre, le «cas de force majeure» n’a pas été pris en compte dans la décision et me paraît dommageable. De plus, le Maroc ne demandait que le report et non l’annulation.

C’est la Guinée Equatoriale qui organisera l’édition 2015 de la CAN. Est-ce que ce pays n’a pas peur de l’Ebola et que son peuple soit touché par la maladie et pensez-vous que la CAF a raison de prendre une telle décision ?

Il faudra leur demander. En effet, le problème est une question sanitaire de grande ampleur, qui concerne le pays entier. Ce que je sais c’est que la CAF n’a fait qu’appliquer ses propres règlements, ce qui peut paraître normal, comme une fédération sanctionne parfois des clubs pour manquement.

Pouvez-vous nous décrire l’ambiance au sein de la FRMF après la nouvelle ?

Je pense que la déception doit certainement dominer, car l’ensemble des gens y travaillait avec professionnalisme en y mettant une grande énergie, pour que cela soit une grande fête et une réussite du football marocain.

Comment évaluez-vous le rendement de Zaki avec l’équipe nationale depuis son élection ?

Je pense que le travail se met en place progressivement, les résultats des derniers matchs amicaux en témoignent.

Est-ce qu’après la sanction le football dans notre pays va s’arrêter ?

On se doit de planifier et se fixer des objectifs raisonnables à moyen et long termes, quels que soient les problèmes et les obstacles. Pas un seul sélectionneur mais un ensemble de cadres techniques sont nécessaires pour la continuité et retrouver l’excellence de notre football, par des rassemblements et tournées.

En tant que directeur technique de la FRMF, quel est votre nouvel agenda après les sanctions ? Y aura-t-il des changements ?

Je vais vous surprendre mais il n’y a aucune incidence sur le plan du travail et la feuille de route que nous nous sommes tracée avec le président et certains membres fédéraux mais aussi les cadres de la DTN. Bien au contraire, nous allons renforcer nos objectifs.

Quel sera le destin des équipes nationales déjà prêtes à attaquer les compétitions ?

Je ne peux parler que d’un de mes champs d’action, c’est-à-dire les sélections de jeunes. Il existe des tournois de grande envergure pour toutes les catégories (U23, U19, U17, U15 mais aussi U13). Et nous avons débuté nos contacts bien avant tout cela que je soumettrai à notre président Fouzi Lekjaâ et Noureddine Bouchehati, membre fédéral responsable de l’ensemble des sélections nationales, pour valider un programme de participation pendant au moins 4 saisons consécutives.

A votre avis, quelles sont les raisons du recul du football national ?

Les principales raisons sont le manque de formation à tous les niveaux, à savoir les dirigeants, cadres, joueurs, médecins, administratifs et ensuite le manque d’infrastructures. Par contre depuis 4 ans, le Maroc est en train de relever le défi d’un retour d’abord à la normale, pour ensuite aujourd’hui aller vers le haut niveau : depuis 4 ans avec la formation de cadres reconnue aujourd’hui à l’échelle africaine et même FIFA, la formation de jeunes boostée par la création de l’Académie Mohammed VI de football, et quelques sections de clubs tels que le MAT, FUS, FAR, etc.

Comment évaluez-vous le niveau du championnat national ?

Depuis 2007 à mon arrivée au Maroc dans le cadre du Projet de l’Académie Mohammed VI de football, le niveau n’a pas cessé de progresser, et reste encore perfectible, tant au niveau des jeunes que des séniors.

Et qu’en est-il de l’Académie Mohammed VI ? Quoi de neuf ?

L’Académie est sur de bons rails et entre de bonnes mains. Le staff n’a pas changé et la philosophie reste la même, avec mon départ vers la DTN de la FRMF. Les objectifs ont été au-dessus de nos espérances assez tôt dans le projet, mais en termes de niveau de formation c’est cette saison que nous avons planifié la sortie de jeunes du niveau escompté puisque ces jeunes natifs 97 ont eu la totalité de la formation de 13 à 18 ans.
À ce jour la quasi-totalité des jeunes formés à l’Academie est en club au Maroc ou en Espagne et donne satisfaction à ses responsables. Ces mêmes joueurs fréquentent assidûment les équipes nationales de jeunes.

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