La fédération turque indignée

Les Turcs sont furieux. Ils n’arrivent pas à admettre la décision de l’Union européenne de football (UEFA) de faire disputer sur terrain neutre les matches de Ligue des champions mettant aux prises deux clubs turcs, le Galatasaray qui devait rencontrer la Juventus Turin dans le cadre du groupe D, et le Besiktas qui affrontera Chelsea dans un match comptant pour le groupe G. La première rencontre devait avoir lieu mardi 2 décembre à Dortmund en Allemagne alors que la seconde se disputera le 9 décembre sur un terrain neutre pas encore décidé par l’UEFA. Si le Galatasaray n’a pas contesté la décision prise par l’instance internationale, il en était autrement pour le club de Bekistas et la Fédération turque de football qui ont saisi lundi dernier le Tribunal arbitral du sport (TAS). Selon un communiqué rendu public le jour même par cette cour spécialisée en litiges sportifs et basée à Lausanne (Suisse), cette dernière se prononcera mercredi au plus tard sur la «demande de mesures provisionnelles» déposée par la Fédération et le club stambouliote et qui vise à suspendre la décision de l’UEFA en attendant l’arbitrage sur le fond. «La Fédération turque et le club stambouliote demandent au TAS d’annuler la décision prise par le Comité d’urgence de l’UEFA le 25 novembre de faire jouer le match (…), qui était initialement prévu à Istanbul le 9 décembre, dans un stade hors de la Turquie », explique le TAS, précisant avoir été saisi d’une «demande d’arbitrage avec requête de mesures provisionnelles urgentes». La décision du comité d’urgence de l’UEFA ne concernait pas uniquement les clubs turcs. En plus des deux rencontres Galatasaray-Juventus et Besiktas-Chelsea, comptant pour la Ligue des Champions, un troisième match se disputera également sur terrain neutre. Il mettra aux prises le club israélien du Maccabi Haïfa à Valence en C3, cette rencontre devant initialement se jouer à Izmir en Turquie. Motif de ces décisions : les attentats meurtriers ayant frappé Istanbul les 15 et 20 novembre dernier. Il est à signaler que depuis octobre 2001, l’UEFA interdit à Israël de recevoir sur son sol des clubs ou des équipes nationales en raison des problèmes de sécurité. Le déplacement de ces rencontres a suscité l’indignation, non seulement des milieux sportifs turcs, mais également politiques. A plusieurs reprises, cette décision a été qualifiée «d’inacceptable» par le chef de la diplomatie turque, Abdullah Gul. En plus, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan l’avait qualifiée vendredi dernier de « prime accordée au terrorisme international».

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