La Turquie s’adjuge la petite finale

C’est avec une fête du football mondial que le public présent samedi au World Cup Stadium à Daegu s’est donné rendez-vous. Et pour cause, le match de classement, la « petite » finale, qui a opposé la surprenante Corée du Sud et la vaillante équipe de Turquie.
Cette dernière, plus mûre face à la fougue du groupe sud-coréen, a remporté la partie par 3 buts à 2. Désireuses toutes les deux de gagner, mais sans la pression d’une finale, les deux équipes ont livré un match offensif et plein, sans se soucier des considérations tactiques. Les 63.483 spectateurs n’ont pas eu à attendre longtemps avant que le capitaine turc Hakan Sukur ne vienne bousculer la défense coréenne, ne laissant aucune chance à Lee Woon-jae.
C’est le but le plus rapide en Coupe du monde. Et le premier de l’attaquant vedette turc depuis le début du Mondial. L’attaquant Hasan Sas, touché aux adducteurs, a dû céder sa place à Ilhan, auteur du but en or en quart de finale face au Sénégal. L’espoir est revenu pour le pays hôte sur un superbe coup franc de Lee Eul-yong dans la lucarne de Rustu. Mais les Turcs ont jeté un nouveau froid. Le suppléant de Hasan Sas a marqué son deuxième but du Mondial. Un long dégagement de Rustu a été remisé par Hakan Sukur sur Ilhan. Ce dernier allait, encore une fois et toujours en première période, briller en inscrivant son deuxième but de la partie. Au retour des vestiaires, les Sud-Coréens, qui s’étaient vu refuser un but en fin de première période pour un hors-jeu, ont poussé afin de revenir au score pour être récompensés dans le temps additionnel par Song. Trop tard, les Sud-Coréens devaient se contenter de la quatrième place, ovationnés, en compagnie des Turcs, par les spectateurs dans le stade et tout un peuple. Une défaite perçue comme une victoire, non seulement parce que c’est le meilleur résultat d’une équipe asiatique en Coupe du monde, mais également par la manière de jouer de cette révélation du Mondial. La Turquie, quant à elle, rejoint au palmarès des équipes comme la Croatie (1998), la Suède (1994), l’Italie (1990) et la France (1986). «C’est un succès géant pour le football turc et la Turquie. Elle peut être fière», s’est exclamé le milieu de terrain du Bayer Leverkusen (Allemagne), Yildiray Basturk.
Un premier podium de l’histoire, suivi d’une grande joie en Turquie. Les rues des grandes villes, désertées, ont immédiatement été repeuplées par les supporteurs. Des milliers de gens sont sortis dans la rue avec drapeaux, tee-shirts et casquettes aux couleurs de leurs pays. «Turquie! Turquie! tu es la plus grande», hurlaient-ils à Istanbul sur la place de Taksim, lieu traditionnel des festivités. L’exploit de la Turquie a injecté une dose d’optimisme au moment où la Turquie traverse une dure crise économique et connaît des incertitudes politiques. Mais le grand de cette formidable soirée à Daegu aura été le football.
Des buts, des occasions, des exploits individuels: tous les ingrédients ont été réunis pour une grande fête à l’image du bouquet final du feu d’artifice. L’hommage que leur a rendu le public de Daegu quand Coréens et Turcs, ensembles main dans la main, sont venus le saluer, est pour le moins mérité.

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