Le blues de Talal El Karkouri

Talal El Karkouri a le blues. D’accord, c’est une grande gueule. Il n’hésite jamais à dire ce qu’il pense. Mais c’est aussi un très grand joueur. Ceci expliquant peut-être cela. Pour l’instant, son différend avec Luis Fernandez, le coach du PSG, lui vaut de faire banquette au Paris Saint-Germain, d’où il dit vouloir s’en aller pour d’autres cieux. Mais au fond de lui, il se sent parisien à 100%. De toute façon, le marché des transferts est clos depuis le 31 août et il faudra attendre l’intersaison de décembre.
Pour sa part, l’entraîneur parisien affirme qu’il n’a aucun problème avec Talal. Mais ce dernier ne voit que les faits, et ils sont têtus : il ne joue pas. De plus, le solide stoppeur affirme qu’il a à faire face à trois fronts : d’abord au sein de son équipe, ensuite à une certaine partie du public et enfin à la presse française qui lui est hostile.
Avant le début du Championnat de France, il a disputé sept rencontres préparatoires, pour, au bout du compte, ne disputer que trois matches officiels en dix journées. Fin, élégant, racé, doté d’une puissance de frappe redoutable, l’ancien rajaoui avait été repéré par les chasseurs de têtes européens et du PSG lors de la dernière Coupe du monde de football qui s’était déroulée en 1999 au Brésil. Fort sur l’homme, doté d’une bonne vision de jeu et d’une bonne relance, alternant jeu long et jeu court, ce pur produit de l’école du Raja possède tous les atouts du défenseur moderne. Et tout le monde se souvient de la fabuleuse épopée brésilienne des Diables Verts et du terrible tir de 40 mètres décoché par Talal qui avait fait mouche dans les filets d’Annasr Assaoudi. Un match que le Raja avait perdu 3 buts 4. La rencontre qu’ils avaient disputée face au Réal de Madrid est à inscrire en majuscules dans le livre d’or du Raja. Moustawdaâ et Lembarki en avaient fait voir de toutes les couleurs à la défense madrilène et particulièrement au pauvre Roberto Carlos qui ne savait plus où donner de la tête. Talal, lui, se chargeait de contenir les assauts des attaquants du Réal et de procéder à la relance par des contre-attaques rapides qu’il orchestrait. Puis tout était allé très vite, les événements s’enchaînant à une vitesse vertigineuse. Le grand défenseur (1m84) avait signé au Servette de Genève. S’ensuivirent tractations et négociations qui débouchèrent enfin sur un accord entre les deux équipes et la venue du Rajaoui sur les bords de la Seine. En une demi-saison, Talal s’est imposé dans l’arrière garde parisienne et a impressionné par son aisance technique.
Le début du contrat, qui court jusqu’en juin 2004, était fixé au 1er janvier 2000. Il est arrivé au PSG à 24 ans, avec un palmarès bien étoffé : cinq titres de champion du Maroc, une Ligue des champions africaine et une coupe afro-asiatique (tous gagnés avec le Raja Casablanca). Lassé du banc de touche, -Philippe Bergeroo l’alignait rarement, l’international marocain sera prêté, lors de la saison 2000-2001, au club grec d’Aris Salonique. Le Paris-SG avait également besoin de transférer un joueur extra-communautaire pour officialiser l’arrivée du Brésilien Vampetta. Il n’aura pas plus de chance avec Luis Fernandez.
Pour l’instant, l’entraîneur national Badou Zaki a fait appel à lui afin de le faire évoluer aux côtés de Naybet. Les deux hommes, qui se complètent, forment une défense quasi-incontournable. On l’a vu lors du match amical contre le Niger, El Karkouri est en super-forme. Et le fait de disputer des rencontres internationales contribuera certainement à remonter le moral de ce joueur talentueux auquel les dirigeants du PSG n’auront, finalement, rien compris.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *