PROMO ALM
PROMO ALM
 

Le sifflet au féminin

Le sifflet au féminin

Le jour, de l’Aïd Al-Adha, le Maroc était présent en masse à Dubaï aux Emirats arabes unis. Elles étaient en effet plusieurs Marocaines à prendre part à la rencontre amicale qui a mis aux prises une sélection féminine arabe de football à une équipe anglaise. Mais ce jour-là sur le terrain, une lionne en particulier a attiré l’attention. Tout en noir, elle n’a cessé de sillonner le terrain de long en large, ne quittant pas le ballon des yeux et n’hésitant pas à siffler la moindre faute. Il s’agit de Khadija Rezzag, arbitre marocaine. Cette jeune marocaine de 34 ans, secondée par des arbitres de touche égyptiennes, s’est donnée à fond lors de cette rencontre, non seulement pour faire honneur au football marocain, qui brillait de mille feux aux phases finales de la Coupe d’Afrique des nations, mais pour démontrer que «quand la femme marocaine veut, elle peut».
Entre la jeune marocaine et le ballon rond, une grande histoire d’amour qui a commencé dans les terrains de football des quartiers de la ville de Rabat, où elle a toujours vécu. C’est en effet au Safaâ Hay Nahda, une équipe de quartier rbatis, qu’elle a commencé sa carrière footbalistique en 1989 avant de rejoindre par la suite l’Union Sportive de Touarga. Moins d’une dizaine d’années plus tard, elle est sélectionnée en équipe nationale féminine. Son baptême de feu en tant qu’internationale s’est effectué en 1997 face à une sélection féminine des plus coriaces sur la scène internationale, la Suède en l’occurrence; rencontre remportée par les Lionnes de l’Atlas (4-1). Quelques semaines plus tard, Khadija and co se sont envolées vers le Caire pour participer au Championnat arabe junior. Mais ce n’est qu’une année après que la footballeuse a connu le plus beau moment de sa carrière de joueuse avec la participation des Marocaines aux phases finales de la Coupe d’Afrique des Nations 1998 au Nigeria, où elles ont pu obtenir la cinquième place. A elle seule, Khadija a pu inscrire deux buts lors de la compétition. Parallèlement à sa carrière de joueuse, Khadija officiait déjà au sein de sa ligue d’origine, celle du Gharb depuis la saison 1994-1995. Le duo joueuse-arbitre n’étant pas facile à gérer, elle n’a pas hésité une seule seconde pour faire un choix, celui de devenir la première femme arbitre marocaine.
Sur le terrain, elle est maîtresse d’elle-même. Pas de signes d’énervement, ni de contrariété après la contestation d’une de ses décisions. « Sur le terrain, je sais que c’est moi qui dirige la partie. Le fait que je sois une femme ne donne pas le droit aux joueurs de me manquer de respect », précise l’arbitre. Sa petite taille, 1m55 pour une cinquantaine de kilos, n’arrange guère les choses. Heureusement que cela ne se produit pas souvent. La jeune arbitre officie chaque week-end des rencontres entrant dans le cadre du championnat de deuxième division du Groupement national de football (GNF II) ou de la Rabita nationale (divisions amateurs). Dimanche dernier, elle était à Tétouan pour un match opposant deux équipes amateurs du Nord, l’Association des étudiants de Tétouan et l’Association sportive de Béni Makada. Mais ses ambitions ne s’arrêtent pas à ce niveau. Khadija vise ni plus ni moins une carrière à l’international, avec pourquoi pas, «une participation à la coupe du monde. «Un Marocain, Saïd Belqola, a été le premier arbitre arabe et africain à officier une finale du Mondial. Mon rêve est d’être la première femme à le faire». Et d’ajouter avec le sourire aux lèvres : «ça serait peut-être possible en 2010 au Maroc».

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *