Mondial-2007 : L’Afrique du Sud aspire au sacre

Et si le Tri-Nations 2007 des Springboks, joué pour  moitié avec les titulaires, n’a rien d’emballant, la patiente construction par  Jake White d’un groupe homogène et compétitif, mêlant l’âpreté de toujours et  la brillance de quelques-uns (Matfield, Habana, Burger), fleure bon la progression maîtrisée.  «En 2003 on titubait, espérant un miracle. En 2007, chaque joueur aurait sincèrement le coeur brisé de ne pas remporter la Coupe du Monde», assure le  capitaine John Smit, résumant le sentiment de confiance du camp, que relaie la  presse locale, encore grisée de l’euphorie du sacre des Bulls (Pretoria) dans  le Super-14 lors d’une finale 100% sud-africaine (contre les Sharks).
Il y a quatre ans, les Boks de Rudolf Straeuli partaient pour l’Australie en «desperados», ballotés entre résultats médiocres, incohérences de sélections (80 joueurs essayés en deux ans), hantés par des tensions raciales entre membres du squad ou avec la Fédération sur la couleur de la sélection. Climat pacifié par contraste, l’annonce du groupe de 30 de White pour la France n’a ni  choqué ni surpris. Même si le ministre des Sports a déploré l’encore trop faible la représentation de joueurs de couleur (5 métis, 1 noir), après 13 ans de démocratie multiraciale, il n’y a pas eu interférence.
En Australie, les Boks, trop unidimensionnels, ne surent inverser le pronostic en poule contre l’Angleterre (25-6) et se présentèrent à l’abattoir en quart contre les All Blacks (29-9). Sortie prévisible, petite porte. Leur pire Mondial depuis la réadmission en 1992. A oublier. Avec White depuis 2004, les Sud-Africains ont retrouvé un peu de fierté.
Vainqueurs du Tri-Nations en 2004 pour la première fois depuis 1998, ils ont atteint par deux fois la 2e place au classement IRB (ils étaient 6e en 2003), dont ils occupent le 4e rang aujourd’hui. White, 45 ans, un ancien professeur d’éducation physique très tôt versé dans le coaching, passa par tous les échelons de sélection, dont les staffs de ses prédécesseurs Mallett (1997-98) et Harry Viljoen (2000-2001). Surtout, il a mené au sacre mondial des moins de 21 ans (2002) une génération de jeunes qui l’accompagnent depuis, se sont faits les dents de lait  en 2003, et forment l’ossature du XV-type: les Juan Smith, Schalk Burger, Jean  de Villers, Jaque Fourie ou Aswhin Willemse.
Il a, enfin, Savamment su ménager ses ouailles, faisant le dos rond lors de ces tournées automnales difficiles, où il emmena souvent des groupes très mixtes. SelonEddie Jones, consultant, au final, la maturation de l’ensemble, alliée à l’éclosion d’un Habana, la plénitude d’un Matfield, le métier d’un Montgomery ou d’un Du Randt, et une dimension offensive ajoutée à l’éternel défi physique, autorisent aux Boks des  espoirs, malgré le coup dur du forfait du N.8 Spies, révélation 2006-07. Surtout, ils ne craignent pas les All Blacks, qu’ils ont battu en 2004, 2005, 2006, et bousculés plus d’une fois.
Des techniciens comme Bob Dwyer, champion du monde 1991 avec les Wallabies, voient bien l’Afrique du Sud aller au bout, sur la base des progrès des 12 derniers mois.

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