Un tennis national malade à Athènes

Un tennis national malade à Athènes

Younès El Aynaoui et Hicham Arazi seront les deux représentants du tennis national lors des Jeux Olympiques d’Athènes, qui auront lieu du 13 au 29 août prochain. C’est ce qu’a annoncé Mohamed M’jid, président de la Fédération royale marocaine de Tennis.
Un choix effectué, selon ce dernier, par le Comité olympique de la Fédération internationale de Tennis, vu la place qu’occupent les deux «vétérans» dans le classement mondial.
Sept des trente premiers mondiaux à cette date au classement ATP seront présents à Athènes et 23 des 30 premiers au classement de la WTA. Ce qui veut dire que le Maroc ne sera pas représenté chez les dames. Pour El Aynaoui, absent des circuits internationaux depuis plusieurs mois pour blessure, ce sera sa première sortie cette saison, alors que pour Arazi, ce sera l’occasion de se mesurer aux grandes raquettes du tennis mondial, comme le numéro un mondial, le Suisse Roger Federer, l’Américain Andy Roddick, l’Argentin Gaston Gaudio, l’Espagnol Juan Carlos Ferrero, le Britannique Tim Henman, ou encore l’Allemand Rainer Schuettler. Pour nos deux champions, le défi à relever est grand. Il s’agit de faire mieux que Karim Alami, quart-finaliste lors des derniers Jeux Olympiques qui se sont déroulés à Sydney en 2000.
Quatre ans après, et c’est toujours aux mêmes joueurs, comme en athlétisme (El Guerrouj et Ezzine), qu’incombe la lourde tâche de défendre les couleurs nationales, à l’exception d’Alami, qui a tiré sa révérence pour devenir capitaine de l’équipe nationale, avant de se convertir dernièrement en consultant sur les plateaux de la chaîne de Qatar, «Al Jazeera». Les JO d’Athènes interviennent à quelques semaines du match barrage de la Coupe Davis contre l’Australie à Melbourne. Au jour d’aujourd’hui, l’on ne connaît pas encore la liste des joueurs qui vont faire le déplacement à la capitale australienne.
Au sein de la FRMT, et après l’élimination du Maroc du groupe mondial contre l’Argentine (5-0), l’on parle de Tahiri, Lâarej, Ziadi comme futurs adversaires de Philippoussis, Hewitt et co Alors pourquoi El Aynaoui et Arazi pour les JO d’Athènes et les autres pour la Coupe Davis ? Selon une source proche de la FRMT, il s’agit de donner plus d’opportunités aux jeunes joueurs pour leur permettre d’acquérir plus d’expérience. « Ce n’est pas souvent qu’ils jouent à l’étranger », a fait glisser notre source. Argument qui n’est pas innocent. « Il y a un autre élément, c’est qu’en faisant participer les jeunes joueurs, cela coûterait moins cher à la FRMT ». Alors que l’heure de la retraite commence à sonner, notamment pour le cas d’El Aynaoui, la FRMT, en tant qu’instance dirigeante et responsable, ne sait plus sur quel pied danser. Une seule assemblée générale en l’espace de six ans, crises en cascade, président contesté, guerre des clans, problème de relève… La petite balle jaune est malade.
Depuis plusieurs mois, des voix s’élèvent pour dénoncer la gestion unilatérale du président de la FRMT. Ce qu’on lui reproche, surtout, c’est le manque d’une vision claire et d’une vraie politique de tennis. Aussi, on lui reproche de vouloir tout faire tout seul. « Le bureau fédéral n’a plus de pouvoir. Les décisions sont prises sans concertation avec les membres du bureau fédéral », a tenu à souligner un membre, sous couvert de l’anonymat. Gestion unilatérale dont plusieurs membres de la fédération ont payé le prix fort depuis la reconduction du président de la FRMT en février 2002.
Il suffit de voir, aujourd’hui, le nombre de dirigeants démissionnaires : Hamoumi (RUC), Mme Houari (RTCMO), Tazi (ACSA) et Haggouch (ACSA). Pis encore, le climat malsain qui règne au sein de la FRMT a fait que les clans sont plus que jamais divisés. Il y a les opposants de M’jid : Outaleb (RUC), Sader (TCK), Bencheikh (TCHJ), Wahibi (ASAS), Fizazi (COC), Guerch (CORAM), pour ne citer que ces derniers, mais il y a aussi les pros-M’jid : Naciri (Tanger), Hossini (Marrakech), Azima (USM), Mouzouni (Agadir) et Rebbah (ASAS). Et ce n’est pas seulement les dirigeants des clubs qui en souffrent. Les jeunes joueurs aussi. Grandes révélations cette année, Ziadi et Idmbarek ne savent plus où mettre les pieds. Faute de moyens, ils travaillent avec les moyens de bord avec le soutien de leurs parents. Car finalement, et comme l’avait déclaré Fizazi, vice-président de la FRMT, les clubs ne peuvent pas tout faire.

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