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Grogne sociale à STMicroelectronics

Du rififi chez STMicroelectronics. Cette société transnationale implantée dans 26 pays et cotée dans les plus grandes Bourses du monde se trouve dans la ligne de mire de plusieurs syndicats, tant au Maroc qu’en France ou en Italie. L’état français est un de ses actionnaires. L’origine du problème remonte au 16 mai dernier lorsque la société a annoncé un vaste programme de restructuration portant notamment sur le licenciement de 3000 personnes aux États-Unis, en Europe et en Afrique du Nord.
Comme réaction à ce plan, le personnel marocain de cette entreprise qui dispose de trois usines à Casablanca et d’un Centre de conception et de recherche à Rabat (170 ingénieurs) ont décidé de créer leur propre syndicat, affilié à l’Union marocaine du travail (UMT). Une assemblée générale a été tenue le 13 juillet dernier. « Le lendemain, la direction a déclaré l’état d’alerte et a convoqué individuellement tous les délégués syndicaux et les a menacés de licenciement s’ils ne démissionnent pas du bureau syndical ou changent de syndicat (UMT), en leur fixant comme ultimatum le 25 juillet. Le 26 du même mois, la direction a mis en exécution ses menaces et a licencié le secrétaire général Rachid Boukhari et un assesseur Nabil Chiadmi », explique un communiqué de cette section syndicale. Pour la direction de l’entreprise, il s’agit d’un licenciement justifié par des « raisons professionnelles sérieuses, liées surtout à l’attitude des deux salariés vis-à-vis de leur travail, faits qui sont largement antérieurs au mois de juillet 2005».
Faux, rétorquent les syndicalistes. «Rachid Boukhari et Nabil Chiadmi occupaient respectivement les postes de responsable du service Informatique et responsable du service Réseau et Télécom et qu’ils avaient géré des budgets de plusieurs millions de dollards US. Tout récemment, ils avaient, tous les deux, reçu des lettres de félicitations de la direction locale, en reconnaissance de leur sérieux au travail », estime l’un d’eux. Ce double licenciement a engendré une grande mobilisation du syndicat marocain qui a rendu publics de nombreux communiqués allant dans le sens de la condamnation et demandant la réintégration immédiate des deux ingénieurs licenciés.
Une mobilisation qui a été relayée à l’international, notamment par des membres des syndicats italiens et français qui ont pris la défense de leurs collègues marocains. Celui-ci sont même allés jusqu’à interpeller Patrice Chastagner, directeur général de l’entreprise. Ce dernier a bien évidemment donné raison au directeur de STMicroelectronics Maroc, traitant l’UMT de syndicat «nonreprésentatif». Ce qui a été suffisant pour ajouter de l’huile sur le feu.

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