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Le militant de l’entente

Le révérend Richard Cizik, vice-président de l’Association nationale évangélique (National Association of Evangelicals) chargé des affaires gouvernementales, était dernièrement au Maroc. Sa visite a été encore l’occasion pour quelques milieux de dénoncer d’éventuels actes d’évangélisation de Marocains. Richard Cizik, l’homme qui n’a pas la langue dans la poche, a choisi de s’exprimer sur les objectifs de sa visite au Royaume sur les colonnes de notre confrère r’bati « Attajdid» qui a publié un entretien le 29 juillet dernier.
Le révérend Cizik avait auparavant rencontré plusieurs personnalités politiques ainsi qu’une pléiade de parlementaires et d’académiciens marocains. Dans cet entretien, Richard Cizik commence par dire que sa visite intervient d’abord pour renforcer les liens d’amitié entre les deux peuples, marocain et américain, mais surtout entre chrétiens et musulmans. Le révérend américain n’hésite d’ailleurs pas à épingler Samuel Huntington à propos de la théorie de ce dernier sur le clash des civilisations et les bains de sang qu’il prédit dans les siècles à venir. Pour Richard Cizik, Huntington est un pessimiste dont la vision est encore troublée par une grave méconnaissance des musulmans et de l’Islam.
D’ailleurs, le révérend conseille au célèbre chercheur, dont la théorie « aide à vendre des livres », de se rendre au Maroc pour pouvoir revoir ses thèses. Richard Cizik dit être tout à fait le contraire, lui et ses semblables, de Huntington. Plutôt adeptes d’un optimisme basé sur un travail pour trouver des terrains d’entente comme points de départ à l’instauration de la paix et de la justice dans le monde.  Le révérend affirme d’ailleurs que ceux qui exploitent la misère des gens pour les pousser à embrasser une autre religion ont tort car il ne faut pas confondre humanitaire, humanisme et prosélytisme, ajoute le révérend américain qui affirme que ce que l’on doit plutôt observer est d’abord l’amour d’autrui et le respect des lois du pays, que l’on se trouve au Maroc, aux Etats-Unis ou ailleurs. Dans une extraordinaire humilité, Richard Cizik avoue avoir présenté des excuses à Ahmed Toufiq, le ministre des Habous et des Affaires islamiques, après les attaques contre l’Islam, relayées par la presse américaine suite aux attentats du 11 septembre.
Le Maroc, pour le révérend, est un pays qui sort de l’ordinaire dans la région.  Un pays ancré dans le progrès qui peut servir de départ pour entamer le dialogue entre civilisations et entre religions.
C’est là d’ailleurs l’un des principaux objectifs de l’homme : préparer un forum de haut niveau sur l’entente entre civilisations et religions en présence notamment de 25 leaders américains, autant de leaders marocains avec une forte affluence des médias qui comptent aux Etats-Unis. Car, pour Richard Cizik, un énorme travail est à entreprendre du côté des médias qui ne brillent pas non plus par leur connaissance de l’Autre et des autres religions. A la fin de son voyage, Cizik a fait la «connaissance» de Laâyoune, ville qu’il surnomme depuis «La Rose dans le désert» et dont il a eu l’occasion de rencontrer populations et autorités. C’est l’image de cette ville et des réalisations du Maroc au Sahara que le révérend promet de parler de retour aux Etats-Unis.

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