Enseignement à distance… une expérience à développer

Enseignement à distance… une expérience à développer

De nos jours, tout le monde parle de l’enseignement à distance, pourquoi pas, et c’est grâce à lui que le ministère de l’éducation a pu sauver l’année scolaire.

En effet, dès l’annonce de l’arrêt des cours présentiels, le ministère de l’éducation nationale a mis en place un dispositif visant à assurer la continuité de l’enseignement des élèves depuis leurs domiciles via un ensemble d’actions : des programmes diffusés sur les chaînes TV, la plateforme TelmidTICE, sans oublier les initiatives prises par les enseignants qui ont gardé des contacts avec leurs élèves à travers les différents moyens de communication possibles. Au ministère d’éducation, tout le monde est mobilisé pour traverser cette crise sanitaire avec succès et le plus grand souci est que tous les élèves quelles que soient leurs localisations ou leurs classes sociales puissent bénéficier d’un enseignement à distance équitable et de qualité.

Mais les défis ne s’arrêtent pas là, au fur et à mesure que le temps passe d’autres problèmes commencent à apparaître, auxquels le ministère de l’éducation doit faire face, il s’agit des fake news. Bien que la période soit un moment de solidarité par excellence, d’autres ont exploité cette crise pour diffuser les rumeurs-fausses informations sur la programmation des examens et le retour des élèves aux classes – sans prendre en compte les traumatismes que cela pourrait provoquer d’une part chez les élèves et les parents, et d’autre part les perturbations de cette expérience de l’enseignement à distance si ambitieuse.

Pour mettre fin à tout cela, le ministère de l’éducation nationale avait annoncé au mois de mai sa feuille de route pour la fin de l’année scolaire, en déclarant que l’école ne reprendra qu’après les grandes vacances, en septembre. Seuls les examens de la 2ème année du baccalauréat auront lieu début du mois de juillet 2020.
En effet, la session normale de l’examen du baccalauréat pour les lettres et sciences humaines aura lieu les 3 et 4 juillet tandis que les sections scientifiques, techniques et professionnelles se tiendront du 6 au 8 juillet. Les examens porteront uniquement sur les cours de l’enseignement présentiel jusqu’au 14 mars 2020.
Selon de nombreux intéressés, c’est une décision hautement logique et équitable pour tous les élèves, parce que 30% d’entre eux n’arrivaient pas à suivre ou recevoir des cours à distance. La question qui se pose alors : pourquoi cette masse d’élèves n’a-t-elle pas pu suivre cet enseignement à distance ?
Nombreux sont les facteurs qui pourraient expliquer ceci, citons à titre d’exemple: des problèmes techniques, des difficultés pour accéder à une plateforme, absence d’Internet, non disponibilité des parents pour l’accompagnement de leurs enfants au moment des séances de cours, difficultés de compréhension, on pourrait même parler chez certains élèves de l’absence des conditions propices d’apprentissage, etc.

Mais la pierre angulaire de tout ce que nous avons cité ci-dessus n’est autre que la pauvreté et la vulnérabilité qui sont encore très présentes. Malheureusement, plus les indices de pauvreté et de vulnérabilité et aussi de l’analphabétisme sont élevés, plus on aura de problèmes à la concrétisation de n’importe quel projet quelle que soit son importance. Personne ne peut nier les efforts colossaux déployés par le ministère de l’éducation nationale afin de soulever ce défi, mais la mise en place d’un grand chantier de réforme tel qu’un enseignement à distance efficace et équitable nécessite des études approfondies, une planification prospective, avec une mise en place progressive et bien sûr une collaboration de tous les acteurs concernés, les collectivités territoriales, les forces vives, le secteur privé, etc.
Aujourd’hui, l’école marocaine vise à être une école d’équité et d’égalité et l’institutionnalisation de l’enseignement à distance doit être instaurée dans cette conviction pour qu’il contribue davantage dans la mise en place de cette vision stratégique de réforme de système d’éducation.

Par Rachid Taher-Agadir

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