Aassmaa Akhannouch, nouvelle lauréate du Prix HSBC pour l’édition 2021

Aassmaa Akhannouch, nouvelle lauréate  du Prix HSBC pour l’édition 2021

La photographe marocaine vient de remporter une récompense prestigieuse

Une belle consécration pour Aassmaa Akhannouch. Cette jeune artiste photographe marocaine est nouvellement lauréate du Prix HSBC pour la photographie. Une récompense décernée, chaque année depuis 26 ans, par la filiale française de la célébrissime banque à deux photographes professionnels. En cette édition de 2021, le Prix est octroyé au Français Cyrus Cornut et à l’artiste marocaine.
A propos de ses œuvres gagnantes, cette photographe ne manque pas de remonter le temps. «Mes parents sont maintenant tous les deux décédés. Enfant, j’habitais une maison rouge. La «maison rouge» était mon adresse, c’était la maison adorée de ma mère. Fermée pendant 30 ans j’ai dû y aller avec ma sœur pour la vider en raison de sa vente imminente. La maison contient encore quelques meubles, trois pruniers, quatre orangers et toute mon enfance. Je me promène dans le jardin, il n’est pas aussi grand que dans mes souvenirs…», raconte-t-elle. En détail, les images de la série sont, selon l’artiste, des prises de vue dans la maison d’enfance, mais aussi des mises en scène qui évoquent son enfance dans cette maison… «Les tirages sont des cyanotypes virés et rehaussés à l’aquarelle, tous réalisés par moi-même», ajoute-t-elle. Le cyanotype étant un procédé photographique monochrome négatif ancien par le biais duquel un tirage photographique bleu est obtenu.
De son côté, la conseillère artistique Sylvie Hugues exalte : «Astucieusement, elle a tenu à immortaliser le vieux téléviseur définitivement hors service, la pile de livres qui ne trouveront plus de lecteurs, la robe oubliée trop longtemps dans la penderie… S’en dégage une grande mélancolie». Pour elle, l’artiste ne cède pas à la facilité de ce genre d’exercice. «Combien de fois a-t-on vu les maisons de famille photographiées sous toutes les coutures ? Volets fermés, murs lézardés, lits délaissés, etc.», enchaîne Mme Hugues. Pour cette conseillère, la photographe ajoute, à la nostalgie des espaces vides, des images décrivant les scènes de son enfance. Entre la préparation du repas, la séance de coiffure, les images ne manquent pas. «Et – miracle du talent – ça sonne juste. C’est comme si les habitants de cette maison – pourtant fermée depuis trente ans – n’avaient jamais quitté les lieux !», ajoute la conseillère.

Quant au procédé de tirage dont l’artiste fait mention, à savoir du cyanotype viré et rehaussé à l’aquarelle, il s’accorde parfaitement au propos et ajoute, selon Mme Hugues, une patine aux tirages. «C’est un peu comme si on rouvrait une vieille malle au grenier et qu’on tombait sur ses photographies. Un aller-retour entre présent et passé s’opère…», poursuit-elle.
Pour rappel, Aassmaa Akhannouch, née en 1973, vit et travaille entre Casablanca et le Lot, en Occitanie (France). Après un diplôme d’ingénieur en France et un MBA aux États-Unis, elle travaille dans le marketing pendant 15 ans. En 2013, elle suit un cursus à la Photo Academy Casablanca pour perfectionner ses connaissances en photographie.

En 2016, elle décide de se consacrer entièrement à la pratique photographique. De 2016 à 2018, elle a été accompagnée dans sa recherche par l’artiste photographe Flore à Paris. Son travail photographique se déploie autour de l’exploration du souvenir. À travers ses images, et une attention particulière au tirage, elle raconte des histoires, des fragments de mémoire ouverts aux associations et émotions du spectateur. Au-delà de l’intention de documenter le passé, elle tente plutôt de révéler des émotions qui demeurent en elle comme elle l’exprime. Du passé, elle essaie d’extraire une empreinte intime, lyrique et intemporelle. Déjà, elle a exposé au Maroc et en France. De quoi mieux gagner en renommée.

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