Culture

Nabil Jebbari : «Pour être extrémiste aujourd’hui, il faut avoir un sacré sens de l’humour»

ALM : Comment est née l’idée d’organiser une tournée des Marocains Rigolos à l’Etranger?

Nabil Jebbari : L’objectif est de partir à la découverte des richesses culturelles du Maroc à l’étranger et de les faire découvrir au peuple marocain, tout en mettant en place un pont «comique» entre le patrimoine et la modernité. En bref, il s’agit d’une ode à la marocanité sous toutes ses formes. Nous avons constaté que beaucoup d’artistes très talentueux en Europe sont d’origine marocaine -ce qui est loin d’être une coïncidence- et qu’ils sont restés très attachés à leur pays d’origine. Beaucoup d’entre eux affirment que c’est leur part de marocanité qui leur apporte cette touche si distinctive à la base de leur succès.

A-t-il été évident de sélectionner, réunir et faire travailler ensemble des humoristes d’horizons différents et d’influences différentes certainement?

Le «MRE» est comme la sélection nationale de football. Les meilleurs joueurs sont sélectionnés et en période de concentration, avant d’entamer un tournoi qui se déroulera sur 5 villes. Il s’agit d’un énorme chantier ! La chance que nous avons est que l’ambiance est au beau fixe, tout le monde est motivé et enthousiaste. Le mot qui revient le plus souvent chez les artistes c’est  «mon pays».

Pensez-vous que le Marocain a le rire facile ?

Bien au contraire. Le Marocain est l’espèce humoristique la plus redoutable sur terre. Les blagues marocaines font le tour du monde. Tu ne peux pas passer plus d’une heure avec un vieil homme, une femme ou même un enfant sans rigoler au moins 30 minutes. Comme l’humour est partout chez nous, dans la rue, à la maison, à l’école et même au parlement, un humoriste doit faire beaucoup d’efforts pour faire rire un Marocain.

Peut-on rire de tout aujourd’hui ?

L’humour est une information bizarre qui provoque un accident dans le cerveau. Pour résumer, cet accident peut provoquer des pannes, parfois. C’est l’une de nos plus curieuses sources de plaisir. Ça ralentit la vieillesse et réduit le stress. Le rire n’est pas une question de sujet mais d’intention. Comme le disait Desproges, on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui.

Quel rôle ce genre d’évènement peut-il jouer dans un contexte actuel marqué par la montée d’extrémismes de toutes sortes ?

Pour être extrémiste aujourd’hui, il faut avoir un sacré sens de l’humour. C’est ce que l’on appelle l’humour noir. Plus sérieusement, la tournée «MRE» prévoit d’aller à la rencontre de ceux qui sont dans le besoin, de les prendre par la main et les inviter à partager un moment agréable. Nous allons rendre visite à plusieurs associations. Pour cette première édition, notre action s’orientera en priorité vers les jeunes et les enfants via des visites et des invitations aux spectacles. La culture peut donner de l’espoir aux jeunes et les outils pour être de meilleurs citoyens.

Que promet cette tournée des MRE ?

Du rire, du rire, du rire et de la musique.

Êtes-vous optimistes quant au déroulement de cette première édition ? Combien de spectateurs prévoyez-vous d’attirer ?

Nous accueillerons pas moins de 20.000 spectateurs, si tout se passe comme prévu. Nous sommes optimistes et croyons en notre équipe, qui travaille dur depuis six mois pour réussir cet événement. Au pire, nous aurons passé des vacances inoubliables et en excellente compagnie en parcourant notre beau pays !

Aura-t-on droit à d’autres tournées ?

Il y aura une 2ème édition mais pas seulement. Nous sommes en train de programmer des dates à l’international dès la rentrée : à Paris, Bruxelles, Dubaï, Dakar et Montréal. Le «MRE» sera amené à tourner dans le monde tout au long de l’année. Au Maroc, l’ambition est d’en faire le premier festival ambulant et nomade du pays en ajoutant plus de villes et plus de temps par ville, et ce à partir de l’été prochain.
 

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