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2ème édition du Business Dialogue sur l’eau : La désalinisation, un moyen durable pour répondre au stress hydrique au Maroc ?

2ème édition du Business Dialogue sur l’eau : La désalinisation, un moyen durable pour répondre au stress hydrique au Maroc ?

Dans un pays où l’agriculture occupe une place prépondérante, des solutions pour un usage optimisé de l’eau se développent de manière considérable à travers l’agritech et la water-tech.

Lors de la 2ème édition du Business Dialogue initié par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et la Coalition marocaine pour l’eau (COALMA) qui a eu lieu le vendredi 13 mai à Marrakech, le ministre de l’équipement et de l’eau, Nizar Baraka, a insisté sur la nécessité de recourir au dessalement de l’eau de mer au niveau du littoral. Ce choix permettra ainsi d’assurer et sécuriser les besoins au nom des populations vivant sur le littoral et de libérer suffisamment d’eau pour les régions intérieures.

Le ministre a ainsi souligné qu’il y a un besoin de mobiliser des ressources en eau non conventionnelles, soulignant la volonté du gouvernement d’accélérer le processus de dessalement de l’eau. Evoquant le secteur agricole, le ministre a fait savoir qu’actuellement 700.000 hectares ont déjà été convertis au goutte-à-goutte dans l’objectif d’atteindre 1.000.000 ha à l’horizon 2026. Signalons que cette rencontre a pour objectif de discuter des moyens de renforcer la sécurité hydrique du Maroc en intégrant le secteur privé en amont dans l’élaboration des stratégies et en faisant appel à des solutions diversifiées dont l’utilisation des ressources en eau non conventionnelles. Plateforme de partage d’expérience, cette deuxième édition du Business Dialogue a connu la participation du président de la CGEM, Chakib Alj, du ministre de l’industrie et du commerce, Ryad Mezzour, ainsi que d’éminents experts nationaux et internationaux des secteurs public et privé.

Le président de la CGEM, Chakib Alj, a mis en exergue les efforts du Maroc pour faire face aux défis de l’eau, appelant à plus d’implication de toutes les parties prenantes, le secteur privé en particulier. Le Royaume est situé dans une région parmi les plus impactées par les effets délétères des changements climatiques et l’eau est le principal secteur impacté, a-t-il indiqué. Pour faire face à ces défis, M. Alj a souligné l’impératif d’agir ensemble en opérant en urgence des choix et des décisions stratégiques. «Il s’agit d’une responsabilité partagée», a-t-il affirmé. Le patron de la CGEM a préconisé l’utilisation des eaux non conventionnelles par un développement plus important de nouvelles solutions pour la mobilisation des ressources hydriques par le biais notamment de technologies de dessalement d’eau de mer durables utilisant les énergies renouvelables, mais également la réutilisation des eaux usées traitées.

M. Alj a aussi précisé que «tout ceci peut être atteint moyennant une gouvernance du secteur de l’eau assurant l’implication en amont du secteur privé et des autres parties prenantes dans les politiques de planification, ou encore le recours à des modes de financement innovants grâce au partenariat public-privé ou à l’investissement purement privé pour certains projets». Par ailleurs, il a fait observer que dans un pays où l’agriculture occupe une place prépondérante, des solutions pour un usage optimisé de l’eau se développent de manière considérable à travers l’agritech et la water-tech. M. Alj a aussi indiqué que des technologies innovantes se multiplient depuis plusieurs années déjà, dans l’accompagnement des industries pour une meilleure efficacité et efficience hydrique, le dimensionnement et l’installation de stations d’épuration des eaux usées. Pour sa part Ryad Mezzour a signalé que la baisse du coût des énergies renouvelables pourrait contribuer à la compétitivité des processus de dessalement de l’eau. Le Maroc dispose d’une capacité de production des énergies renouvelables à bas coût, parmi les meilleures au monde, a-t-il relevé. Selon M. Mezzour, l’enjeu actuel est de consacrer une partie de cette production au profit du dessalement de l’eau. Le ministre a également fait état d’un plan volontariste en matière du traitement de l’eau qui cible les zones industrielles actives et polluantes et envisage le déplacement des activités polluantes relatives notamment au cuir vers des zones offrant la possibilité de traiter les eaux usées conformément aux standards internationaux.

 

Stress hydrique : Lydec partage son expérience

En tant que membre fondateur de Coalma, Lydec a apporté sa contribution à cet évènement d’envergure pour partager son expérience en tant qu’opérateur de référence de gestion des services publics qui accompagne le développement et l’urbanisation soutenue de la métropole casablancaise depuis 25 ans. Le DG de Lydec, Jean-Pascal Darriet, a mis en exergue la situation hydrique critique au niveau de nombreux bassins hydrauliques du pays. «Nous ne disposerons certainement pas d’assez d’eau dans les prochaines années, voire les prochains mois…

Nous devons consommer responsable. Outre les technologies smart que nous utilisons pour la préservation de la ressource en eau, nous œuvrons pour mettre à disposition des ressources en eau alternatives, notamment à travers la réutilisation des eaux usées traitées», a-t-il souligné. Pour rappel, Lydec s’engage à agir en faveur de la gestion durable des ressources naturelles, de la biodiversité, et du climat, dans le cadre de sa Feuille de route développement durable 2030 qui s’articule autour de 3 engagements et 12 objectifs au service de la transition durable de la région Casablanca-Settat.

L’année dernière, Lydec a «écouté» environ 18.000 km de réseaux lors des opérations d’inspection nocturnes. Les équipes ont détecté et réparé près de 16.700 fuites d’eau au niveau des conduites, des branchements et des postes de comptage, économisant ainsi que plus de 10 millions de m³ d’eau potable en 2021 et plus de 74 millions de m³ d’eau par rapport à 1997, ce qui équivaut au volume d’eau annuel nécessaire à plus de 1,2 million d’habitants.

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