Ce qu’il faut savoir sur le système bachelor

Ce qu’il faut savoir sur le système bachelor

Il démarre lors de la rentrée universitaire

La rentrée universitaire 2021 sera marquée par l’entrée en vigueur du système bachelor. Initialement prévu pour septembre 2020, le lancement du bachelor dans les universités marocaines a été reprogrammé pour octobre 2021 en raison de la Covid-19. Sa mise en œuvre se fera de manière progressive jusqu’à sa généralisation à toutes les filières lors de la prochaine rentrée à l’université 2022/2023. Il faut bien noter que seuls les étudiants en première année lors de la prochaine rentrée universitaire bénéficieront du système bachelor. Les autres poursuivront leurs études selon le système actuel LMD. Le bachelor a 4 objectifs majeurs dictés par les exigences du marché du travail et du développement. Il est destiné à améliorer le rendement interne des établissements à accès ouvert en vue de limiter les déperditions universitaires et rehausser le taux de diplômation. Il permettra de favoriser l’employabilité des étudiants à travers l’amélioration de la maîtrise des langues étrangères et l’acquisition des compétences en soft skills. Ce nouveau système vise aussi à améliorer la mobilité internationale des étudiants (en ouvrant le système éducatif marocain sur les standards internationaux) et favoriser l’autonomie des étudiants en les rendant acteurs de leurs propres apprentissages.

240 crédits sur 4 années

Le nouveau cursus, qui s’étale sur 4 ans d’études, comprendra 6 modules par semestre (45h/module). Concernant l’architecture modulaire, la première année fondatrice est une année de tronc commun où l’accent sera mis sur les langues et les soft skills. Durant les semestres S1 et S2, il y aura ainsi des modules disciplinaires d’initiation et d’ouverture ainsi que des modules de langues et soft skills. La deuxième année (semestres S3 et S4) portera sur l’introduction à la filière où seront programmés des modules disciplinaires génériques, des soft skills acquisition, savoir-faire, ouverture, culture pratique… La troisième année (semestres S5 et S6) sera consacrée à l’approfondissement de la filière (filières de spécialisation disciplinaire et modules d’approfondissement). Quant à la quatrième année (semestres S7 et S8), l’accent sera mis sur la spécialisation et professionnalisation (options de spécialisation). Autrement dit, ce système est composé de trois grandes étapes : une année fondatrice (S1 et S2), une année de consolidation (S3 et S4) et deux années de spécialisation (S5 et S6 puis S7 et S8). Le bachelor compte au total 240 UV (crédits): 30 crédits par semestre, 60 par année. L’année étant organisée en deux semestres.

Un système flexible

L’un des grands avantages du bachelor c’est sa flexibilité. Officiellement, le bachelor devra couronner un parcours de quatre années. Cela dit, l’étudiant peut raccourcir sa durée de formation en fonction de son aptitude à cumuler plus rapidement l’intégralité des crédits. Autrement dit, un étudiant qui arrive à obtenir ses 240 UV en moins de 4 ans pourra décrocher son bachelor sans attendre la fin du cursus. Les méthodes de formation seront diversifiées : enseignement présentiel, à distance, en alternance, via des pédagogies innovantes ou dans le cadre de la mobilité internationale dans l’objectif d’améliorer et de professionnaliser la formation. Il faut aussi relever que l’étudiant en réalisant des activités de différentes natures (associatives, sportives, artistiques, actions socioculturelles, innovation pédagogique …) en parallèle de ses enseignements académiques peut acquérir au maximum 3 crédits additionnels par an. S’agissant du projet de fin d’étude, selon le choix de l’étudiant, ce travail, équivalent à deux modules (séparés ou au sein du même semestre S7/S8), peut prendre la forme de: stage professionnel, étude sur le terrain, …

Validation des modules

L’évaluation des connaissances et des compétences pour chaque module s’effectue sous forme d’un examen écrit, final et unifié de fin de semestre. Outre l’examen de fin de semestre, des contrôles continus peuvent être organisés tout au long du semestre sous forme de tests, d’épreuve orale, de devoirs, d’exposés, de rapports de stage ou de tout autre moyen de contrôle fixé dans le descriptif du module.
Les modalités et la nature de l’évaluation des contrôles de connaissances et des compétences sont adaptés à la nature des modules, des semestres et aux spécificités des filières. L’évaluation des travaux pratiques programmés dans le cadre de la filière est obligatoire et ses modalités sont fixées dans le descriptif de la filière.

Exceptionnellement pour les modules du 7ème et du 8ème semestre, l’examen final peut comprendre en plus de l’examen écrit une évaluation orale. La moyenne générale de l’année est égale à la moyenne de notes obtenues dans les différents modules dispensés durant l’année concernée. Un module est validé si sa note est supérieure ou égale à 10/20. La validation du module permet à l’étudiant d’acquérir les crédits de capitalisation attribués à ce module. L’année universitaire est validée si la moyenne générale obtenue des notes des modules de l’année est supérieure ou égale à 10/20 et si aucun des modules de l’année universitaire n’obtient une note inférieure à 5/20. La validation de l’année universitaire permet à l’étudiant d’acquérir 60 crédits de capitalisation. Une filière du cycle bachelor est validée si l’étudiant acquiert 240 crédits de capitalisation

 

Universités : 47% des étudiants abandonnent leurs études sans aucun diplôme

Le système bachelor permettra de remédier à la problématique de l’inadéquation entre la formation et le marché de l’emploi. Le système de licence est devenu obsolète. Selon les données du ministère , 47,2% des étudiants dans les universités abandonnent leurs études sans aucun diplôme. A noter que 16,5% des étudiants quittent leurs études dès la 1ère année. Ce taux atteint 27,1% dans les filières scientifiques. Ils ne sont que 13,3% à obtenir le diplôme de licence en 3 ans. Ce taux est de 9% seulement dans les filières scientifiques, 18% dans les filières des sciences juridiques, économiques et sociales et 15% pour les lettres et sciences humaines. Concernant la durée moyenne pour l’obtention de la licence, elle se situe entre 4,5 à 5 ans. Toujours selon les chiffres du ministère, l’abandon et le redoublement ont un coût estimé à 3,7 milliards DH par an. Parmi les autres faiblesses figure l’inadéquation formation-emploi. A noter que le taux de chômage des licenciés est de 18,9%.

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