Crise sanitaire et sécurité en Afrique : Des experts tracent un sombre tableau

Crise sanitaire et sécurité en Afrique :  Des experts tracent un sombre tableau

Dans une édition spéciale online organisée par le Policy Center for the New South

Pour pouvoir sortir de l’impasse provoquée par la Covid-19, l’Afrique a besoin d’une forte mobilisation et du soutien de tous ses alliés à travers le financement des programmes durables et efficaces pour favoriser la sécurité du continent. C’est ce qu’a indiqué Badreddine El Harti, directeur de l’Etat de droit et des institutions sécuritaires au PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) lors de l’ouverture de l’édition spéciale online organisée, du 23 au 25 septembre, par le Policy Center for the New South (PCNS), dans le cadre de la Conférence annuelle sur la paix et la sécurité en Afrique. Confronté depuis toujours à différents types de crises et de conflits, le continent africain voit sa situation empirer davantage pendant cette période exceptionnelle, qui «comporte une multitude de couches de crises à fort impact humanitaire, et des effets directs et négatifs sur la sécurité», a-t-il souligné.

De son côté, Yonas Adaye Adeto, directeur de l’Institut d’études sur la paix et la sécurité (IPSS), a dressé, lors de son intervention, un bilan sombre de la situation actuelle dans les pays africains, particulièrement ceux de l’Afrique subsaharienne, qui sont de plus en plus affectés par la pauvreté et les violences sous toutes leurs formes.
L’intervenant a fait part que la crise sanitaire a été à l’origine d’une récession de grande ampleur, qui a impacté tous les secteurs clés de l’économie, dont l’agriculture qui est considérée comme le grand pourvoyeur d’emplois dans le continent africain. Dans ce même contexte, il a tenu à préciser qu’un nombre important de jeunes s’est ainsi retrouvé au chômage, faisant perdre à leurs familles et leurs communautés un soutien financier important. En plus de la baisse ou l’arrêt de l’activité dans les secteurs économiques et commerciaux, M. Adaye Adeto a fait part que la fermeture des écoles a eu des effets négatifs sur les jeunes et leur apprentissage. «La fermeture des écoles a eu un impact négatif sur les jeunes générations qui voient leur avenir sombre», a-t-il dit.

De sa part, Giovanni Faleg, responsable de l’analyse et de la recherche sur l’Afrique subsaharienne au sein de l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne (IESUE), a indiqué que la crise sanitaire a été à l’origine de la montée de la violence politique extrémiste dans le monde, mais aussi en Afrique, comme dans des pays du Sahel et du Tchad. «En dépit de l’appel de l’ONU pour un cessez-le feu, beaucoup de groupes extrémistes ont capitalisé sur la crise sanitaire pour servir leurs propres intérêts», a-t-il dit.
Avec la recrudescence des violences, cette situation d’insécurité a pu, a poursuivi M. Faleg, exercer en ce temps de crise sanitaire des pressions supplémentaires sur les autorités locales et nationales. «Les régimes vont faire de leur mieux pour renforcer leur système sécuritaire», a-t-il dit, faisant remarquer que les régimes vont devenir un peu moins démocratiques qu’auparavant avec l’aide des forces de l’ordre et militaires ainsi que les services secrets en vue de contenir les populations en colère face à l’insécurité.

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