Putsch constitutionnel

Le Honduras a fait la Une des grands quotidiens internationaux, hier, lundi 29 juin. Ce petit pays d’Amérique centrale est devenu, soudain, un sujet d’intérêt international, suite à un coup d’Etat opéré par une frange de l’armée.
Les faits : dimanche à l’aube, des militaires ont investi le palais présidentiel et ont débarqué dans la chambre à coucher du chef de l’Etat, Manuel Zelaya. Ils l’ont arrêté et l’ont expulsé manu militari  vers le Costa-Rica. «Ils m’ont séquestré et m’ont expulsé en pyjama et sans chaussettes», a-t-il déclaré à la chaîne de télévision latino-américaine TELESUR.
Pourquoi un coup d’Etat ? Les putschistes expliquent leur acte par le fait que le président Zelaya allait organiser le même jour un référendum pour réformer la Constitution afin de s’accorder la possibilité de briguer un second mandat.
Organiser une consultation démocratique pour réformer la Constitution est un acte démocratique tout à fait normal. Or, les militaires estiment que l’objectif du président déchu était plutôt anti-démocratique. En fait, depuis qu’il a commencé à fréquenter le président vénézuélien Hugo Chavez et sa clique, les chefs d’Etat des pays membres de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique, il a commencé à caresser l’ambition d’éterniser son mandat à la Chavez. Rappelons que ce dernier s’était adjugé le pouvoir à vie grâce à une réforme constitutionnelle. Zelaya voulait faire la même chose que son récent ami et allié : prendre le pouvoir grâce à la démocratie et le garder grâce à la dictature. Ce que l’armée du Honduras n’a apparemment pas apprécié et pendant que, lui, il préparait un putsch constitutionnel, les généraux préparaient, de leur côté, un vrai putsch.
Aussi le premier lésé par l’affaire est le président vénézuélien et ses amis bolivariens, Evo Morales de la Bolivie, Daniel Ortega du Nicaragua et Rafael Correa de l’Équateur, qui se préparaient, déjà, à fêter le succès du coup d’Etat constitutionnel de leur nouvel allié et qui se sont retrouvés à chercher à lui faire récupérer le pouvoir. Ce qui semble presque impossible.
Mais, Hugo Chavez, étant un chef d’État impulsif et rancunier, ne semble pas vouloir accepter cette défaite du camp bolivarien. Il est allé même jusqu’à placer son armée en état d’alerte et a menacé de faire tomber le nouveau pouvoir issu du coup d’État. Une attitude qui ne semble pas faire peur au nouveau président du Honduras qui n’est autre que le président du Parlement que les officiers de l’armée ont placé à la tête de l’Etat dans le respect de l’ordre constitutionnel. 
C’est le premier coup porté à la vague bolivarienne qui envahit de plus en plus de pays d’Amérique latine sous le commandement d’Hugo Chavez et qui menace toute la région d’un retour progressif à la dictature après plusieurs années de démocratie.

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