Les Français du Maroc élisent leur député

Les Français du Maroc élisent leur député

Pour la 1ère fois de l’histoire de la Vème République française, les Français de l’étranger ont voté le 3 juin pour le 1er tour de l’élection de leurs représentants à l’Assemblée nationale française. Ils y auront désormais 11 députés après le 2ème tour du 17 juin. Avant l’actuelle consultation populaire, ils n’étaient représentés que par quelques sénateurs et des conseillers de l’Agence des français de l’étranger (AFE). Au Maroc qui fait partie de la 9ème circonscription laquelle comprend les pays du Maghreb et ceux de l’Afrique subsaharienne de l’Ouest, ces élections qui se sont déroulées dans la plupart des grandes villes ont placé à la tête des 14 candidats en lice un socialiste et une UMPiste. Selon le bulletin d’information édité par les services de l’ambassade de France au Maroc, le secrétaire national du PS à la coopération, à la francophonie, à l’aide au développement et aux droits de l’Homme, Pouria Amirshahi, a obtenu 46,44% des voix contre 30,20% pour sa rivale, Khadija Doukali, une Française d’origine marocaine, qui réside dans le Royaume. Mais d’ores et déjà, des sondages donnent la victoire au candidat socialiste au 2ème tour. Ces prévisions se situent dans la ligne générale des résultats du vote des Français de l’étranger, globalement favorable à la gauche française depuis les présidentielles de 2007. Selon le décompte des voix obtenus par les deux principaux candidats dans les bureaux de vote installés au Maroc, les électeurs se sont majoritairement prononcés en faveur du candidat socialiste sauf à Rabat. En France, l’annonce de ce «plébiscite» et les résultats obtenus par la gauche dans les autres bureaux de vote de la 9ème circonscription du «département des Français de l’étranger», ont fait dire à certains cadres du PS «qu’il est bel et bien révolu le temps où les Français d’Afrique du Nord et de l’Ouest votaient à droite». Cependant le fait que Pouria Amirshahi n’ait pas réussi à obtenir la majorité absolue des suffrages le contraint à un second tour, d’où la possibilité d’une triangulaire n’est pas exclue. Comme les résultats diffusés se sont contentés de citer les noms des deux premiers candidats en tête, le doute plane sur les perspectives immédiates offertes au candidat socialiste pour profiter d’éventuels transferts de voix. L’amendement de la loi électorale qui a institué la représentation des Français de l’étranger à la Chambre des représentants française accorde en effet à tous les candidats ayant obtenu 25% des voix le droit de se présenter au 2ème tour. Pour ces électeurs séjournant hors du territoire français, ce vote doit avoir lieu le 17 juin et peut se faire par Internet. Malgré ces facilités, la participation des Français du Maroc au premier tour des Législatives a été qualifiée par les observateurs de moyenne. Elle a en effet enregistré 20% d’abstentions.

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