Abdelmoula : père de famille et boucher nécrophile (4)

La victime a été identifiée. Ses parents remettent sa photo d’identité aux enquêteurs. Ceux-ci la montrent aux habitants des différents quartiers de Hay Hassani. À Derb Nejma, quelques habitants ont déjà vu cette fille. Où ? Elle occupait une chambre sur la terrasse d’un domicile. Ses voisins affirment aux enquêteurs qu’ils ne l’ont pas vu sortir après être rentrée la dernière fois chez elle. En face de sa chambre, un homme occupe une autre chambre en compagnie de sa maîtresse. Qui est-il ? Abdelmoula. Puisqu’elle n’en est plus sortie depuis sa dernière rentrée, est-il son meurtrier? Et si oui, sa maîtresse est-elle sa complice ? Les détectives le surveillent depuis le mardi 31 mai 2005. Ses comportements leur mettent la puce à l’oreille. C’est pourquoi le lendemain, mercredi 1er juin, ils décident de l’arrêter. Vers 6 h du matin, ils effectuent une descente policière dans la chambre. Ils arrêtent Abdelmoula et sa maîtresse, Aïcha. Ils les conduisent au commissariat de police, «Dar Al Hamra». Ils soumettent Abdelmoula aux interrogatoires. Dès la première seconde, il avoue être l’auteur du crime. Où sont les restes du corps ? «À Aïn Diab et à Dar Bouâzza», balbutie Abdelmoula.
Dans l’après-midi du même jour, Abdelmoula conduit les enquêteurs vers un terrain vague situé à Aïn Diab, un peu plus loin de la plage, entre Sidi Abderrahmane et la Résidence Nouzha. Là, il exhume les deux jambes et la tête qui présente quatre blessures et deux brûlures au niveau de la nuque. Il les conduit ensuite au douar Lahrichate, Route Moulay Bousselham, à Dar Bouâzza. Là, il leur indique un puits de vingt mètres de profondeur où il avait jeté un sac en plastique renfermant une cuisse et un pied. L’affaire est enfin élucidée. Les enquêteurs poussent un soupir de soulagement. Sa maîtresse, Aïcha, était-elle au courant de son horrible crime ? Oui. Tous les deux retournent au bureau de la brigade criminelle. Aïcha fond en larmes. Et Abdelmoula la regarde avec ses yeux secs. Il garde le silence. Tout d’un coup, le chef de la brigade lui demande s’il regrette d’avoir tué la jeune femme. Il répond sur un ton sec : «Je ne regrette rien, chef. Je ne regretterai jamais de l’avoir tuée, ainsi qu’une autre jeune fille». Aussitôt le chef de la brigade et ses limiers écarquillent leurs yeux. Comment ? Une autre jeune fille a été tuée avec les mains d’Abdelmoula ? Laquelle? «J’ai tué, en décembre 2002, une autre jeune fille que j’ai découpée en deux morceaux et jetés dans un dépotoir situé près de souk Mina», précise-t-il paisiblement. Les enquêteurs se souviennent de ce cadavre découvert dans ce dépotoir de «souk Mina», découpé en deux, sans tête et en décomposition très avancée. Ce cadavre reste encore un mystère puisque l’enquête policière n’a pas réussi à déterminer si c’était l’une des victimes de Saïd Zouita, tueur en série qui s’est suicidé, ou non. Perturbée, sa maîtresse, Aïcha, qui se tient devant lui, lui demande s’il avait l’intention de la tuer à son tour. « Oui. Tu es chanceuse, Aïcha…Parce que j’attendais le moment opportun pour te tuer, violer ton cadavre, te découper en morceaux », lui répond-il devant les enquêteurs qui sont convaincus qu’il s’agit bel et bien d’un tueur en série au début de sa carrière criminelle.

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