Ahrrare : «L’été, j’habite ma valise»

Ahrrare : «L’été, j’habite ma valise»

Latifa Ahrrare affirme qu’elle n’a pas le temps de prendre des vacances en été, mais qu’elle en prend quand même. Dans sa tête, en plein travail. «Je voyage avec les musiques des festivals auxquels je prends part», affirme la directrice de «Rawafid» qui aura lieu à Laâyoune, cette année. Quand elle est en déplacement et qu’elle dispose de temps libre, Latifa Ahrrare, qui dit «habiter sa valise», aime s’offrir un hammam aux huiles essentielles.
Idem quand elle est chez elle. Celle qui revient d’Allemagne avec un prix du jury pour les catégories mise en scène et interprétation féminine, se livre également au yoga, équitation, arts martiaux et méditation qui nous vient de cette Asie qu’elle adore tant. Et qu’elle aura le temps de visiter prochainement. «Je suis invitée à un festival en Arménie en octobre prochain et je vais me déplacer, par mes propres moyens, en Inde et au Tibet», affirme l’enfant terrible d’Imouzzer Mermoucha.
C’est d’une commune paumée, Aït Bazza, dans cette région du Moyen-Atlas où il ne fait pas bon être en été, que l’actrice garde l’un des souvenirs de vacances les plus marrants.  «Un jour, moi et mes cousins avions décidé de voler le dindon de grand-mère pour le partager. Mal égorgé, le volatile avait fait le tour du village où tout le monde l’avait reconnu», se souvient Latifa Ahrrare qui avait dix ans à l’époque et qui se rappelle que tous les comploteurs contre le dindon avaient eu droit à une raclée. Mais aussi à une bonne part, la bête ayant été déclarée "cliniquement morte" et donc bonne pour un bon mets comme en produisent les mains expertes de femmes amazighes de cette région.
Mais, la vie n’est pas toujours rose à l’image de la tendre chair d’un dindon élevé à la traditionnelle, avant la vague des produits bio. L’un des plus mauvais souvenirs de Latifa Ahrrare était la fausse annonce de la mort de son père, soldat, début des années 1980 au Sahara. «Nous avons été avertis par la Gendarmerie à Guercif où nous habitions et c’était un mois d’août». Il se révélera par la suite que le char transportant son papa et ses camarades avait bel et bien été endommagé, mais M. Ahrrare n’y avait pas trouvé la mort. «C’était une rude épreuve», se rappelle l’actrice qui affirme que la famille avait déjà commencé à préparer les funérailles. Latifa Ahrrare, qui vit pour le théâtre, est heureuse de voir la fibre artistique prendre plus de racines dans la famille. «Mes frères font du rap, mais j’aime par-dessus tout écouter les tamawayte (équivalent amazigh de Mawal, NDLR) de ma mère», conclut l’actrice.

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