Edith Piaf : Une vie en rose si âpre

La légende veut qu’Edith Giovanna Gassion soit née dans la rue, sur le trottoir du 72 rue de Belleville à Paris le 19 décembre 1915. Edith a l’art dans le sang : son père, Louis, qui est à la guerre, est contorsionniste, et sa mère Annetta, d’origine italo-kabyle, est chanteuse de rue. Edith grandit entre ses deux grands-mères, dont l’une tient un bordel. Après la guerre, son père, engagé dans un cirque itinérant, embarque sa fille avec lui. Trottoir, cirque, chanson, bordel. Singulière enfance.
À 17 ans, elle rencontre Louis Dupont, dont elle tombe enceinte. Mais Edith voit commencer pour elle une vie de défaites amoureuses et de malheurs. En 1935, Marcelle, sa fille, décède d’une méningite.
Un soir de 1935, elle rencontre Louis Leplée, gérant d’un établissement de spectacle très en vogue. Séduit par la jeune femme, il l’invite à chanter quelques titres chez lui, dont «Les Mômes de la cloche» de Scotto, et lui trouve son surnom de «Môme Piaf», afin d’illustrer sa petite taille. Son passage au Gerny’s est un succès: Jacques Canetti est subjugué. Il lui fait passer sa première séance radio et lui fait enregistrer son premier disque. Mais, malgré son succès naissant, la rue la rattrape. Avril 1936 : Leplée est assassiné, vraisemblablement par les «protecteurs» d’Edith. Celle-ci passe de mauvais moments avec la police. Grâce à Raymond Asso, rencontré quelque temps plus tôt, Piaf sort de la galère. Il lui fait enregistrer en janvier 1937 le titre «Mon légionnaire». Raymond et Edith deviennent amants.
L’ABC l’accueille sous son nouveau nom de scène: Edith Piaf. La guerre sépare Raymond et Edith, et celle-ci rencontre Michel Emer, qui lui écrit «L’accordéoniste» et «Le disque usé». En 1944, elle fait chanter et devient l’amant d’un certain Yves Montand, alors inconnu. En 1946, elle écrit «La vie en rose». Fin 1947, elle embarque pour New York et y rencontre le boxeur Marcel Cerdan. Ils deviennent amants, les «meilleurs amants du monde». Mais le malheur la rejoint encore car elle perd Marcel en 1949 dans un accident d’avion. Pour lui, elle écrit «L’hymne à l’amour». 1950, elle retourne à New York, et s’accompagne d’Eddie Constantine, son nouvel  amant, et d’un secrétaire, un certain Charles Aznavour (qui, lui, ne sera jamais son amant).
De retour à Paris en 1951, Piaf travaille à imposer une comédie musicale «La p’tite Lili», qui a un certain succès. Mais, Edith tombe dans la drogue et s’enfonce dans la déchéance.
Pills, auteur célèbre outre-manche, entre deux amants, deviendra, par défi, le mari d’Edith en l’épousant le 29 juillet 1952. Mais, Cerdan a détruit, par son absence, la vie d’Edith. Elle suit en 1953 une première cure de désintoxication. Si elle est une star, sa vie reste une suite d’échecs. Elle divorce de Pills en 1956. Edith se plaît à «élever» les hommes et à en faire des stars. Georges Moustaki n’échappe pas à la règle. Il devient son amant et débute dans la chanson. Ensemble, ils ont un grave accident de voiture qui ne fait qu’empirer l’état de santé de Piaf et sa dépendance aux produits illicites. Ensemble, ils écriront Milord.
Début 1959 à New York, elle s’effondre sur scène. Elle rentre à Paris en piteux état, sans Moustaki qui l’a quittée entre-temps. Malgré son état de santé, elle triomphe en 1961 à l’Olympia. Les hommes de talent se succèdent pour lui écrire des chansons et elle tombe amoureuse de Théophanis Lamboukas qu’elle épouse en 1962. Le mariage est bidon, l’artiste est finie, droguée, épuisée, malade. Quelques concerts l’achèveront. En convalescence près de Grasse, elle y meurt le 10 octobre 1963, et est ramenée en douce à Paris où sa mort est officialisée  le 11 octobre, le même jour que le décès de Cocteau, son ami. Eternelle, Piaf est sans aucune doute l’artiste féminine la plus admirée. Le mythe est ranimé en 2007 avec la sortie du superbe film «La môme» avec Marion Cotillard.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *