F. Atlan à la quête de son identité

F. Atlan à la quête de son identité

La voix est douce, le regard tendre l’expression calme, sereine. A elle seule, Françoise Atlan est l’incarnation même de ce « mélange » magique qui a caractérisé toute une civilisation : l’arabo-andalouse.
Une romance vivante qui, après avoir sillonné le monde, a décidé de s’installer au Maroc. Agrégée en musicologie, Françoise Atlan jouit d’une belle voix et d’un riche répertoire qui va de la musique classique occidentale à la musique traditionnelle arabo et judéo-andalouse.
Ses chants chantés depuis l’enfance, et dont la critique s’accorde à dire qu’elle en est l’interprète la plus authentique, constituent pour elle l’objet d’une recherche musicologique constante, doublée d’un attachement profond à la tradition juive séfarade. Une recherche qui l’a menée depuis bien longtemps, d’année en annéee, à se rendre au Maroc puis à s’y s’établir.
Lauréate en 1998 du Prix Villa Médicis Hors les Murs, Françoise Atlan a d’abord travaillé pendant trois ans le répertoire arabo-andalou de la tradition de Fès avec Mohamed Briouel, avec lequel elle vient d’enregistrer son dernier album avec la participation de l’orchestre arabo-andalou de Fès. Françoise Atlan dirige également, avec José Carlos Carmona, le « choeur des trois cultures ».Et c’est pour renforcer ses connaissances en cette dernière qu’elle est venue au Maroc, pays qui l’a charmée par sa magie et qu’elle a décidé de ne plus quitter.
Sa carrière internationale l’amène à se produire dans de nombreux pays d’Europe et d’Afrique du Nord, ainsi qu’aux Etats-Unis et au Japon. Ses rencontres sont variées, elle chante avec le guitariste flamenco Juan Carmona, ainsi qu’avec l’Ensemble Gilles Binchois dans le répertoire de chants du Moyen-Age, et aussi la Camérata de Boston. Ses rencontres avec Ahmed Piro, grand maître du chant gharnâti ou encore Mohamed El Haddaoui, musicologue spécialiste du répertoire judéo-marocain, la pousseront à étudier ce style de chant. «Je vis à Marrakech, après avoir eu une expérience de neuf mois à Fès. Je suis venue à Fès pour faire un travail de collecte de la tradition arabo-andalouse, tout le répertoire d’Al Alâ, avec M. Briouel. J’ai choisi de venir vivre au Maroc pour approfondir mes connaissances en la matière. J’ai opté pour Marrakech, qui est pour moi l’opposée de Fès.
Fès est une ville très confidentielle. Si on n’a pas les clés des portes, on n’entre pas. C’est, pour moi, tout un monde passionnant» (www.emarrakech.info). Au Maroc, elle dit devoir beaucoup. A commencer par son identité : «J’ai retrouvé ma maghrébinité,que j’ai perdue dans ma famille. Pour moi, le Maroc est un pays d’accueil, un pays qui m’a accueillie. J’en suis très reconnaissante et je vis ma berbérité de manière totale ici. J’ai donc un peu fait le chemin inverse de mes parents qui ont quitté le Maghreb. Moi, je suis revenue » dit-elle dans des propos relayés sur le même portail, affirmant ne pas avoir envie de partir et qu’elle ne quitterait pas le Maroc.

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