France : incarcéré, un homme de 62 ans se suicide

Les avocats de Mohamed Allag, un détenu malade de 62 ans qui a mis fin à ses jours fin juillet alors qu’il était incarcéré à la prison de Fresnes (Val-de-Marne), comptent déposer deux recours pour mettre en cause la responsabilité de l’État, a-t-on appris mardi 17 août auprès de ses avocats. Deux recours vont être déposés «dans les prochains jours», l’un au tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) pour «défaillance de l’administration pénitentiaire» et l’autre au tribunal de grande instance de Paris pour «fonctionnement défectueux du service public de la justice», a dit à l’AFP Me Julien Gueguen-Carroll, le défenseur de Mohamed Allag depuis mars 2010. Mohamed Allag s’est suicidé le 28 juillet par pendaison à l’hôpital pénitentiaire de Fresnes après six mois de détention. Ce maquettiste retraité, père de trois enfants, était incarcéré depuis janvier après avoir été condamné pour conduite de véhicule malgré l’annulation de son permis. Celui-ci lui avait été retiré en 2006 après plusieurs interpellations pour non-port de la ceinture de sécurité. «Il souffrait d’insuffisance respiratoire et d’une arythmie cardiaque. Il a toujours été verbalisé parce qu’il ne portait pas la ceinture de sécurité mais il n’a commis aucune autre infraction routière», explique son conseil. Pour Me Gueguen-Carroll, le retraité «n’avait pas sa place en prison. Tout ce qu’il cherchait à faire, c’était préserver sa santé. Il n’était pas un danger public», assure-t-il. «Il aurait dû obtenir un certificat le dispensant du port de la ceinture, mais personne ne l’a informé», déplore l’avocat. Après s’être fait arrêter «une dizaine de fois en dix ans», selon son défenseur, Mohamed Allag est interpellé le 24 janvier 2010. «Il a été placé 22 heures en garde à vue alors que le médecin qui l’a examiné avait dit que son état était incompatible avec la garde-à-vue», s’insurge Me Gueguen-Carroll. Incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes, Mohamed Allag s’est suicidé un jour avant que ne se réunisse une commission chargée de statuer sur sa libération anticipée pour raisons médicales.

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