Hassan Khattab : les premiers pas d’un émir (1)

Hassan Khattab, qui a quitté la prison après avoir purgé une peine de deux ans dans divers centres pénitentiaires, n’a plus rien à voir avec le jeune herboriste salétin adepte des cursus de théologie. Si on sait peu de choses sur l’enfance et l’adolescence de celui qui allait être propulsé au rang d’émir, on retrouve, toutefois, des traces de son parcours et de ses premières manifestations publiques.
Hassan Khattab, né en juin 1973 à Oulad Aâmrane (environs d’El Jadida) de Bouchaîb et Tamo, rejoint, à 19 ans, une école coranique à Hay Arrahma. Cette école était dirigée par un cheikh qui n’est autre que Mohamed Sahabi connu pour ses liens avec le PJD et surtout avec sa base arrière le Mouvement Unicité et Réforme (MUR). Il n’y fera pas long feu, mais gardera de solides liens avec Mohamed Sahabi.
Hassan Khattab quitte, en 1993, Hay Arrahma et sa ville d’adoption pour mettre le cap sur Béni-Mellal où il sera encadré, dans une autre école coranique, par deux cheikhs, les frères Belmadani. Il y restera deux ans, le temps d’apprendre par cœur l’intégralité des versets du Coran. Il ne perd pas de temps. S’il lui arrivait de retourner à Salé, c’était notamment pour fréquenter Mohamed Sahabi et approfondir ses connaissances par des cursus pointus en théologie. Il pousse l’assiduité jusqu’à préparer, en même temps, un diplôme d’enseignement originel. Ambitieux sans bornes, il s’autoproclame (c’était une mode à l’époque) prêcheur et imam dans une mosquée à douar Khnichet (vers Bouknadel). Il y officiera entre 1996 et 1997 avant d’être suspendu, car il ne disposait d’aucune autorisation de la part du ministère de tutelle. Il retrouvera toutefois une solution de rechange et se mettra à prêcher, dans des cercles restreints, lors des fêtes et cérémonies familiales.
Suspendu à douar Khnichet, il jettera son dévolu sur une autre mosquée, cette fois dans une petite localité dite Bled Ben Daoud. Il veut désormais passer à la vitesse supérieure. Pour celui dont Hassan Kettani est une véritable idole, il fallait repartir à la conquête d’une reconnaissance, une légitimité. Ses prêches nocturnes, tous les samedis et mardis à la mosquée précitée, le propulsent sur les devants de la scène. On était déjà en 2003, année où Hassan Kettani écumait la ville de Salé et défiait ouvertement les autorités.
C’est dans cette mosquée de Bled Ben Daoud qu’ira le dénicher le dénommé Faiçal Taleb, cordonnier de son état et adepte des raids nocturnes contre les manifestations de «débauche». Ce dernier affirmera à Hassan Khattab que d’autres «frères» fréquentant la mosquée de douar J’did, étaient mécontents de son comportement et qu’il fallait organiser une réunion pour les besoins d’une explication, les yeux dans les yeux, arguments contre preuves.
La réunion a lieu dans les jours qui suivent et il y est surtout question de combler le vide laissé par l’arrestation de Hassan Kettani. Le jeune cheikha été arrêté en sa qualité de théoricien des salafistes jihadistes et dont le nom revient dans tous les interrogatoires menés par les enquêteurs après le démantèlement de chaque cellule à Salé, ville qui a réussi le miracle de faire cohabiter, au quartier «Elouad», trafiquants de drogue et dangereux terroristes. Ces derniers ayant même fini par recruter chez les premiers.
En juillet 2003, Hassan Khattab est arrêté au quartier « Arrahma » à Salé pour constitution, avec 27 autres personnes, d’une cellule terroriste visant à perpétrer des attentats mettant en cause, et de manière dangereuse, la sécurité intérieure du pays. Au regard de la loi antiterroriste qui venait d’être adoptée à cette époque-là, cette accusation pouvait le conduire derrière les barreaux pour plusieurs décennies.

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