Le décès d’Arafat vu par la presse

Le décès d’Arafat vu par la presse

«Par leur dignité dans la douleur, leur rejet de la division face à l’adversité, leur maturité politique, les femmes et les hommes de Cisjordanie, de Gaza, des camps de réfugiés du Liban, de la Jordanie ou de la Syrie viennent, à l’occasion du décès de leur président Yasser Arafat, d’opposer un cinglant démenti à tous ceux qui, comme Sharon, croyaient avoir porté un coup final au mouvement national palestinien en confinant son leader, jusqu’à ce que mort s’ensuive (…) ». C’est ainsi que commente «L’Humanité hebdo» les funérailles du président palestinien. Assez pour résumer une position partagée par plusieurs organes de presse français et européens, suite au décès du leader palestinien. « Les scènes de chaos qui ont entouré l’inhumation de Yasser Arafat à Ramallah ont rappelé que, malgré ses nombreux échecs, le raïs palestinien restait un mythe, pour son peuple et dans le monde arabe -sans équivalent peut-être depuis l’Egyptien Nasser.(…) », ajoute «L’humanité».
Consacrant un dossier à la mort du président palestinien, le magazine hebdomadaire «Le Nouvel Observateur» s’est également attardé sur ces funérailles, relatant, entre autres, le vaste mouvement de solidarité et de compassion qui s’est manifesté à travers toute l’Europe où plusieurs milliers de personnes ont manifesté, samedi en Europe, pour rendre hommage à la mémoire du leader palestinien, Yasser Arafat et «pour protester contre la politique d’Israël dans les territoires palestiniens, en particulier la construction de la barrière de séparation ».
Le quotidien «Libération» s’arrête, quant à lui, sur l’après-Arafat, notamment sur les élections présidentielles prévues le 9 janvier 2005. Doutant de la capacité des prétendants à réunir une majorité incontestable, le quotidien présente Mahmoud Abbas, chef de file de l’OLP, comme « le plus à même de jouer les premiers rôles ».
La presse britannique n’a pas été en reste. Pour l’éditorialiste du «Guardian», «actuellement, Sharon est le seul obstacle à la paix». Ce quotidien britannique de gauche ouvre ses pages au délégué général palestinien au Royaume-Uni, Afif Safieh, qui voit dans « Yasser Arafat le de Gaulle palestinien, l’architecte de la résurrection de notre mouvement national dans le milieu des années 1960 et son moteur pendant près de quarante ans ». Ce représentant de l’Autorité palestinienne pense également qu’«il y a une porte ouverte pour réactiver le processus de paix, mais pas en raison de la disparition d’Arafat. C’est plutôt pour des raisons objectives que même Arafat aurait acceptées». Reste que Washington doit montrer plus de souplesse. «Mais quand la Maison-Blanche parle de la nécessité d’un interlocuteur palestinien crédible, elle doit comprendre que crédible ne signifie pas docile. Elle ne peut pas non plus ignorer le fait que Marwan Barghouti, un poids lourd palestinien, reste emprisonné en Israël», note le «Financial Times» dans un commentaire intitulé : «Le chemin vers la paix au Proche-Orient est tout aussi précaire qu’auparavant.» Le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, qui a toujours considéré Yasser Arafat comme un obstacle aux négociations de paix, se voit privé de son principal adversaire. Cité par le journal israélien «Jerusalem Post», Sharon a déclaré que « les récents événements constituaient un tournant historique pour le Proche-Orient ».
Et Sharon de poursuivre : « J’espère que la nouvelle direction palestinienne comprendra que les progrès dans les relations bilatérales et dans la résolution des problèmes dépendent avant tout de l’arrêt des actes terroristes». Une position bien connue du Premier ministre israélien et qui trouve un écho dans plusieurs chancelleries occidentales, et, en premier lieu, aux Etats-Unis (voir encadré ci-bas).

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