Le sable marocain s’exporte bien à Las Palmas

Le sable marocain s’exporte bien à Las Palmas

El Muelle Reina Sofia. A quelques kilomètres du port de Las Canteras à Las Palmas, se trouve Graninthra, une société spécialisée dans l’importation de sable. Et pas n’importe lequel. Il s’agit plus précisément du sable  «made in Morocco» qui vient tout droit de Lâayoune. Plus de deux fois par semaine, des bateaux chargent du sable de Laâyoune. «Nous envoyons cinq bateaux-conteneurs qui font six voyages aller-retour», précise Javier Vega Bolanos, responsable du département commercial de la société précitée. Cette dernière a établi des contacts depuis plusieurs années avec une entreprise à Lâayoune spécialisée dans le même secteur. Son nom : Lâayoune Export. L’un des actionnaires de cette entreprise n’est autre que le vice-président du Conseil municipal de la ville, Hamdi Ould Rachid.
Cette société emploie une cinquantaine de personnes et engrange un chiffre d’affaires de 20 millions de DH par an. Pour ce qui est de l’autorisation que nécessite une telle entreprise, le vice-président du Conseil municipal déclare à ALM que sa société a tout simplement un registre de commerce.  Le vice-président du Conseil municipal explique qu’une autorisation d’exportation de sable est délivrée par une commission présidée par le wali, un représentant du ministère de l’Equipement et un autre représentant du Conseil municpal. Lâayoune Export a un seul et unique client.
Javier Vega Bolanos évoque également les raisons qui font que l’entreprise dans laquelle il travaille, traite uniquement avec Lâayoune. «Le port de Laâyoune est le plus proche de celui de Las Palmas et en plus de cela il est assez bien aménagé par rapport aux autres villes du Sud». Ce responsable détaille les formalités à prendre pour exporter le sable. «Nous avons un certificat qui nous est délivré sur place par la douane. Avec ce document, nous sommes autorisés à exporter le sable», explique Javier Vega Bolanos.
Avant d’être importé, le sable passe par le contrôle phytosanitaire dont les responsables délivrent à leur tour un document qui certifie que le sable ne contient aucune bactérie. Et d’ajouter : «Nous faisons six voyages aller-retour et nous envoyons cinq bateaux qui reviennent chargés de sable». Cette opération de chargement nécessite deux jours. La même source a refusé de révéler à ALM la quantité de sable qui est importée. «C’est confidentiel, nous ne pouvons pas dévoiler ce genre d’information». a-t-il dit. Du côté de Laâyoune Export, il y a moins de réticence à évoquer le sujet. A chaque opération, il y a presque 2000 à 3800 tonnes de sable qui sont acheminées jusqu’à Las Palmas. «Nous avons exporté en une année une moyenne de 500.000 tonnes de sable», révèle une source de la société marocaine. Sur le prix de vente, des informations contradictoires circulent.
A Las Palmas, on évoque  14 euros pour la tonne achetée et à Laâyoune, le prix dévoilé est nettement plus bas. « La tonne est vendue à 3 euros. Sur chaque tonne, il y a un prélèvement de 2,5DH qui vont dans la caisse du Conseil de la région, 11 Dh à l’Office de développement et d’exploitation des ports (ODEP) et la commune rurale de Foum El Oued bénéficie quant à elle de  3 DH prélevées sur chaque tonne de sable exportée», relève Hamdi Ould Rachid.
A Las Palmas, une fois que le sable arrive à bon port, les employés de la société s’attellent à le décharger.  Cette opération nécessite deux journées entières. Tout le sable exploité est destiné aux travaux de construction. « Les entreprises spécialisées en travaux de bâtiment sont nos principaux clients», indique Javier Bolanos. Mais les immeubles de Las Palmas ne sont pas les seuls à être construits avec du sable marocain. Les plages sont également bien servies. «Il y a deux ans, il y  avait un grave problème d’érosion dans nos plages, on était obligé de les remplir de sable venu de Lâayoune», certifie une source à Las Palmas. Les amateurs de la bronzette sur la plage de Mogan au Sud de la plus grande île de l’archipel canarien ne savent peut-être pas qu’ils se trouvent sur le sable marocain.

• Qods Chabâa et Mohamed Lâabid

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