Les livres de la semaine

«Le Contraire de un»
Tout livre d’Erri de Luca est un arc tendu vers l’absolu. Celui-ci n’échappe pas à ce qui est devenu une règle chez l’auteur, dont aucune oeuvre ne ressemble à l’autre (de Trois chevaux à Montedidio ). Probablement parce qu’Erri de Luca est lui-même une personnalité rare : auparavant militant de Lotta Continua (groupuscule révolutionnaire italien), ouvrier, formidable lecteur de la Bible (il lit chaque matin plusieurs extraits), demeurant aux portes de Rome, ni trop près ni trop loin des ferveurs de la ville, attaché à ses origines napolitaines et partie prenante d’organisations humanitaires…
Personnalité riche et complexe s’il en est… C’est une partie de sa vie et donc de lui-même qu’il relate ici. Sans tomber dans les travers de l’autofiction, sans faire commerce de son existence.
La simplicité du style d’Erri de Luca et sa force puisant dans l’intime renvoient toujours du côté de l’universel. Constitué de courts récits (dix-huit au total), comme autant de clés dans une existence, «Le Contraire de un» s’ouvre sur un lyrique hommage à la mère, génitrice de toutes les passions et raisons, du langage et des émotions. S’ensuit le récit d’une course, emblématique des années de manifestations, de l’engagement à la fuite… De l’ouvrier qu’il fut jusqu’aux missions humanitaires, Erri de Luca navigue entre le présent et le passé, le citoyen et le politique, le narrateur et l’auteur. Et c’est dans la multiplication des facettes que l’unité se réalise, envoûte le lecteur. S’il était une leçon d’écriture et de vie, elle serait là… Deux n’est pas le double mais le contraire de un, de sa solitude.
Deux est alliance, fil double qui n’est pas cassé
Erri De Luca, un des auteurs italiens contemporains les plus importants, est né à Naples en 1950 et vit aujourd’hui à la campagne près de Rome. Aux Editions Gallimard ont paru avec grand succès les romans «Trois chevaux» (2001) et Montedidio (2002, prix Femina étranger). Un volume de commentaires bibliques rassemblés sous le titre Noyau d’olive paraît dans la collection Arcades en même temps que le présent recueil de nouvelles.
«Politique Roman»
Politique explore les problèmes cruciaux de l’étiquette sexuelle. Est-il poli de lire pendant que deux personnes s’accouplent à côté de vous ? Est-il permis d’être jaloux ?
Politique est une comédie sur la bonté.
En même temps, le livre aborde des sujets tels que : Milan Kundera, l’hygiène du président Mao, le shopping, l’égoïsme, Ossip Mandelstam, la reine mère, Staline au téléphone, les menottes roses et la théorie de l’hégémonie selon Antonio Gramsci.
Politique ne traite pas de politique.
Disons, pour simplifier, qu’il s’agit :
a) d’une transposition de Jules et Jim à Londres, aujourd’hui ;
b) d’une parodie des romans érotiques français du XVIIIème siècle (Sade, Crébillon, Nerciat, etc.), où les scènes de lit alternent avec les conversations philosophiques ;
c) d’un hommage à Kundera. Bref, d’un roman très français. Adam Thirlwell est né en 1978. Il est rédacteur en chef adjoint d’Areté, revue littéraire dirigée par le poète Craig Raine. Avant même sa parution, Politique a valu à Adam Thirlwell de figurer sur la liste des 20 meilleurs jeunes écrivains britanniques sélectionnés par Granta. Il paraîtra en 2004 dans une dizaine de pays.
«Érec et Enide»
A la veille de Noël, le professeur émérite Julio Matasanz, grand médiéviste de l’Université espagnole, se rend en Galice pour recevoir un hommage international à l’occasion de son départ à la retraite.
La cérémonie a lieu dans l’île de San Simon, dans la ria de Vigo, autrefois forteresse médiévale, puis léproserie, caserne, prison du régime franquiste et aujourd’hui centre culturel. La dernière conférence de Matasanz porte sur Erec et Enide, premier roman du cycle arthurien, et donne lieu à une réflexion crépusculaire et pessimiste sur l’amour et la mort. Parallèlement, sa femme, Madrona, qui appartient à la grande bourgeoisie barcelonaise, prépare Noël dans l’illusion de réunir toute la famille et de donner un sens à sa vie, gravement menacée. Pour ce Noël heureux à La Joie de la Cour, la propriété des Matasanz, elle tente de faire venir son neveu, Pedro, et sa femme, Myriam, volontaires à Médecins sans frontières, qui vivent dans une forêt d’Amérique centrale les mêmes péripéties qu’Erec et Enide aux temps de la cour de Bretagne. Julio Matasanz et Madrona ont tenté, chacun de leur côté, de compenser leur solitude. Le professeur, en s’adonnant égoïstement corps et âme à ses recherches et sa carrière, délaissant son entourage, sa femme en déployant des trop plein de générosité et d’amour à l’égard de ses proches ou d’inconnus. Pedro et Myriam, eux, ont renoncé aux carrières toutes tracées et au confort de leur classe sociale, et ont choisi l’engagement et la solidarité. En Amérique centrale ils revivent, à l’époque moderne, l’histoire d’Erec et Enide qui, ensemble, ont dû affronter mille dangers pour conforter leur amour. Erec et Enide est un roman émouvant, sans complaisance, dans lequel une génération au seuil de la vieillesse et de la mort est passée, peut-être sans s’en rendre compte, à côté des choses essentielles de la vie, et où celle qui suit a encore la possibilité de les saisir, malgré un avenir incertain et plein de dangers.
En reprenant la légende d’Erec et Enide, le premier roman de Chrétien de Troyes, Manuel Vázquez Montalbán oppose la solitude et la solidarité et souligne la nécessité de bâtir et de nourrir jour après jour les relations entre les hommes pour que les avatars de la vie ne finissent par détruire l’amour.
Manuel Vázquez Montalbán est né en 1939 à Barcelone.
Essayiste, poète et romancier, il a écrit sur les thèmes les plus divers avec une vision toujours critique de la réalité et un grand sens de l’humour. Projeté sur la scène internationale grâce aux aventures du privé Pepe Carvalho, il a obtenu en France le grand prix de littérature policière 1981. Son roman Galíndez lui a valu le Premio Nacional de Narrativa 1991 et le Prix Europa 1992. Il a reçu pour L’Étrangleur le Premio Nacional de la Crítica, et en 1995 le Premio Nacional de las Letras pour l’ensemble de son oeuvre.
«Le Rêve le plus doux»
L’histoire de la famille Lennox couvre la majeure partie du XXe siècle en prenant pour pivot les années 60, décennie contradictoire et riche en affrontements. Les jeunes de cette époque, qui brisent les vieilles chaînes et revendiquent la liberté, sont-ils des idéalistes romantiques ou une génération meurtrie ?
Pour Julia, la doyenne du clan, il n’y a pas d’hésitation « On ne peux pas subir deux horribles guerres et dire : Ça y est ! Maintenant tout va rentrer dans l’ordre ! Ils sont paumés nos enfants, ce sont les enfants de la guerre. » Femmes hors du commun, Julia et Frances se battent pour  » les gamins  » et culbutent tous les obstacles, le pire étant peut-être le camarade Johnny pour qui  » la Révolution passe, avant tout « . Splendeurs et misères des idéologies, violences domestiques ou symboliques étudiants contestataires ou enfants déboussolés : ce roman reflète notre histoire récente à la manière d’un miroir à facettes.
Un témoignage exceptionnel sur l’engagement personnel d’un des plus grands écrivains vivants de notre temps Doris Lessing est née en Perse en 1919 et a vécu une grande partie de sa vie au Zimbabwe. Devenue célèbre dès son premier livre, Vaincue par la brousse, elle est aussitôt apparue comme un écrivain engagée au idées libérales. Elle est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages parmi lequel le célèbre Carnet d’or (Prix Médicis étranger). Flammarion a publié Le Monde de Ben (2000) et Mara et Dann (2001).

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